Sogatra : les agents brandissent la menace d’une grève illimitée sur fond d’arriérés de salaires et d’incertitudes liées à la fusion
Réunis en assemblée générale vendredi à Libreville, les agents de la Société gabonaise de transport (Sogatra) ont approuvé le principe d’un mouvement de grève générale illimitée susceptible d’être déclenché dès cette semaine. Au cœur de leurs revendications figurent notamment le paiement de deux mois d’arriérés de salaires, des disparités de traitement entre employés et les inquiétudes suscitées par le processus de fusion devant aboutir à la création de la Compagnie nationale de transport (CNT). Face à cette fronde sociale, la direction générale se veut rassurante et rejette toute responsabilité dans les retards dénoncés.

Des agents de Sogatra au siège de l’entreprise, en septembre 2023 à Libreville. © Com. Ministère ds Transports
La tension monte à nouveau au sein de la Société gabonaise de transport (Sogatra). À l’issue d’une assemblée générale organisée vendredi au siège de l’entreprise publique, les agents ont validé le principe d’une grève générale illimitée, dont le déclenchement pourrait intervenir dans les prochains jours si leurs doléances ne trouvent pas de réponse.
Les salariés dénoncent principalement le non-paiement de deux mois d’arriérés de salaires. Ils pointent également ce qu’ils considèrent comme une inégalité de traitement avec les personnels issus de l’ex-Trans’Urb, lesquels continueraient, selon eux, à percevoir leurs rémunérations de manière régulière.
À ces revendications salariales s’ajoutent des préoccupations plus larges liées au chantier de fusion entre les deux entités, censé déboucher sur la création de la Compagnie nationale de transport. Les agents déplorent notamment l’absence de signature du traité de fusion ainsi que les retards accusés dans la mise en place des avenants aux contrats de travail destinés à garantir leur statut.
Pour les représentants du personnel, cette situation entretient un climat d’incertitude préjudiciable à l’avenir de la future entreprise, appelée à regrouper plus d’un millier de salariés et à réduire progressivement sa dépendance aux subventions publiques.
Florent Bakita réfute les accusations
Interpellé sur ces accusations, le directeur général de la Sogatra, Florent Bakita, conteste la version avancée par les syndicats. Le responsable de la société assure qu’à ce jour, seul le salaire du mois de juin 2026 demeure exigible.
Selon lui, la prochaine échéance salariale n’interviendra qu’après le 5 août, conformément aux dispositions du Code du travail. Il affirme par ailleurs que le retard dénoncé ne relève pas de la responsabilité directe de l’entreprise.
D’après la direction générale, le Trésor public, chargé de la prise en charge progressive des financements, poursuit les opérations nécessaires à la mise à disposition des crédits transmis par la Direction générale du budget. « Dans un délai convenable, tout sera exécuté », assure-t-on, tout en soulignant que le dialogue avec les partenaires sociaux se poursuit à travers plusieurs réunions techniques.
La direction rassure sur la future CNT
Sur la question sensible de la fusion, Florent Bakita entend dissiper les craintes exprimées par les salariés. Il affirme qu’aucune suppression de postes n’est envisagée dans le cadre de la réorganisation en cours et que les acquis sociaux des agents seront préservés au sein de la future Compagnie nationale de transport.
Le directeur général indique également que le ministre d’État chargé des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, suit personnellement l’évolution du dossier afin de veiller au respect des engagements pris et à la bonne conduite du processus de fusion.
En attendant d’éventuelles avancées, la menace d’un mouvement social plane toujours sur la principale entreprise publique de transport urbain du pays.















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