Sucreries du Gabon : les investisseurs turcs menacent-ils déjà de jeter l’éponge ?
En visite à l’usine des Sucreries du Gabon, le 28 août à Franceville, le gouverneur du Haut-Ogooué, Jacques Denis Tsanga, a été confronté aux difficultés financières préoccupantes de l’entreprise. Reprise il y a deux ans par des investisseurs turcs, la société appelle désormais l’État à renforcer son soutien pour éviter que l’outil de production ne vacille.

Scène de la séance de travail des responsables des Sucreries du Gabon avec le gouverneur Jacques Denis Tsanga, le 28 août 2026. © AGP
Les Sucreries du Gabon traversent une zone de fortes turbulences. Sur instruction du président de la République, le gouverneur du Haut-Ogooué, Jacques Denis Tsanga, s’est rendu le 28 août 2026 sur le site de l’entreprise afin de s’imprégner de ses réalités et d’évaluer les difficultés auxquelles elle est confrontée. Après une visite des plantations et de l’usine, une séance de travail a permis à la direction de dresser un état des lieux sans détour.
Face au gouverneur, le directeur général, Ousmane Sall Mabignat, a tiré la sonnette d’alarme sur la situation financière de la société. «La santé financière de la société est très, très, très difficile et très menacée», a-t-il déclaré au micro de Radio Gabon, estimant que l’actionnaire majoritaire se sent aujourd’hui «totalement délaissé» par l’administration gabonaise. Selon lui, les investissements consentis depuis deux ans pourraient difficilement être maintenus sur le long terme sans davantage de visibilité et d’engagement de la part de l’État.
L’État face à ses responsabilités
Derrière ce constat, le patron des Sucreries du Gabon voit surtout un risque de désengagement. «C’était en gros un appel de pied à l’administration, à l’État gabonais pour véritablement soutenir l’opérateur avant que ce dernier ne s’essouffle et ne parte», a-t-il expliqué. Une alerte qui intervient alors que la pérennité de l’outil industriel et agricole dépend, en grande partie, de la capacité des différents acteurs à consolider le partenariat noué depuis la reprise de l’entreprise.
Le gouverneur du Haut-Ogooué a, pour sa part, voulu rassurer. Jacques Denis Tsanga a assuré avoir transmis un « message de confort, de confiance » aux responsables de l’entreprise, tout en appelant à un engagement collectif. «J’ai promis que l’engagement de l’État sera respecté pour que cet outil, encore une fois, soit préservé», a-t-il affirmé. Reste désormais à transformer ces assurances en actes concrets, alors que les Sucreries du Gabon, héritières de l’ancienne Sucaf et reprises il y a deux ans par des investisseurs turcs, jouent une nouvelle fois leur avenir dans le renforcement du partenariat avec l’État.
















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