Suppression de l’avancement automatique des fonctionnaires : le FDS plaide pour la concertation avant toute décision
Le Front démocratique socialiste (FDS), présidé par Me Anges Kevin Nzigou, appelle le gouvernement à surseoir à toute décision définitive sur la suppression de l’avancement automatique des fonctionnaires. Estimant qu’une telle réforme ne peut être conduite sans un véritable dialogue social, le parti met en garde contre les risques d’injustice, d’arbitraire et de tensions au sein de l’administration.

Le Front démocratique socialiste (FDS), à travers son président Me Anges Kevin Nzigou (photo), appelle le gouvernement à surseoir à toute décision définitive sur la suppression de l’avancement automatique des fonctionnaires. © D.R.
Le Front démocratique socialiste (FDS) est monté au créneau au sujet de la réforme de la Fonction publique actuellement en préparation. Dans un communiqué publié le 24 juillet, la formation politique dit avoir pris connaissance «avec une attention particulière» des orientations envisagées, notamment la suppression de l’avancement automatique des fonctionnaires, une perspective qui suscite sa vive préoccupation.
Pour le parti dirigé par Me Anges Kevin Nzigou, ce mécanisme constitue «un mécanisme essentiel de reconnaissance de l’expérience, de stabilité des carrières et de sécurité professionnelle». Sa remise en cause, sans garanties suffisantes, pourrait selon lui «fragiliser les agents publics et accentuer les inégalités de traitement».
Une réforme jugée prématurée
Le FDS rappelle que les fonctionnaires gabonais sortent de près d’une décennie de gel de leurs carrières, avec des conséquences toujours perceptibles sur leur évolution professionnelle, leur pouvoir d’achat et leur motivation. Selon le parti, de nombreux agents attendent encore la régularisation de leur situation administrative, de leurs reclassements et de leurs avancements.
«Envisager la suppression de l’avancement automatique avant d’avoir pleinement réparé les conséquences de cette longue période de blocage serait perçu comme une mesure particulièrement injuste», estime le FDS, tout en reconnaissant les contraintes budgétaires auxquelles fait face l’État. Il considère toutefois que la réforme ne saurait être dictée par le seul impératif de maîtrise de la masse salariale et qu’elle doit préserver les principes d’équité, de transparence et de justice.
Le dialogue social au cœur des attentes
L’autre préoccupation majeure exprimée par le FDS concerne l’implication des partenaires sociaux. Le parti déplore «le peu, voire le manque d’implication des organisations syndicales» dans un processus qui engage pourtant l’avenir de milliers de fonctionnaires. À ses yeux, «une réforme aussi structurante ne peut être élaborée sans un dialogue social sincère, inclusif et permanent».
La formation politique met également en garde contre les risques d’arbitraire qu’une suppression de l’avancement automatique pourrait entraîner si l’évolution des carrières reposait exclusivement sur des évaluations individuelles. Elle estime que celles-ci devraient être fondées sur «des critères objectifs, transparents, mesurables et applicables à tous de manière équitable», faute de quoi la réforme pourrait favoriser le clientélisme et des traitements inéquitables.
Suspendre la réforme en attendant une concertation
Au-delà des critiques, le FDS formule des attentes précises. Il appelle le gouvernement à privilégier une véritable concertation avant toute adoption définitive de la réforme et demande la suspension de toute décision tant que les organisations syndicales, les représentants des fonctionnaires et les autres parties prenantes n’auront pas été pleinement associés aux discussions.
Le parti assure enfin être disposé à contribuer «dans un esprit constructif» à l’élaboration d’un dispositif conciliant la maîtrise des finances publiques, la modernisation de l’administration et la protection des droits des agents publics, estimant qu’une réforme durable ne peut être acceptée qu’au prix d’un dialogue social approfondi.















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