Face aux interrogations suscitées par l’instauration d’une nouvelle contribution appliquée aux voyageurs internationaux, le gouvernement est sorti de son silence. Selon le ministère des Transports, cette taxe vise exclusivement à financer un dispositif de sécurisation des frontières aériennes conforme aux standards internationaux. Dans le même temps, les autorités annoncent un audit des prélèvements existants afin d’éliminer ceux jugés sans valeur ajoutée et d’éviter une hausse du coût des billets d’avion.

Au départ de l’aéroport Léon Mba de Libreville, un passager international doit débourser environ 167 000 FCFA par billet, en frais imposés. © D.R.

 

Le gouvernement a apporté des précisions sur la nouvelle contribution appliquée aux voyageurs internationaux. Dans un communiqué, le ministre d’État, ministre des Transports, de la Marine marchande, chargé de la Logistique, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, explique que cette mesure découle de l’accord signé le 21 mai dernier entre son département ministériel et la société SECURIPORT LLC pour le déploiement du système API-PNR.

Selon le ministère, cette contribution permettra de financer un dispositif de collecte et d’analyse anticipée des données des passagers, conformément aux recommandations de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). «Cette contribution […] est destinée à financer le déploiement du système API-PNR», indique la communication gouvernementale.

Renforcer la sécurité des frontières

Pour les autorités, ce système constitue un outil essentiel de modernisation du contrôle des frontières aériennes. Son objectif est notamment de détecter en amont les risques liés aux déplacements internationaux.

Le ministère souligne que le dispositif «permettra de renforcer le contrôle des frontières aériennes et d’intensifier la lutte contre la criminalité transnationale, le trafic de stupéfiants ainsi que le terrorisme».

Le gouvernement tient également à dissiper toute ambiguïté sur le champ d’application de cette contribution. «Cette contribution ne concerne pas les vols intérieurs et s’applique exclusivement aux passagers effectuant des déplacements internationaux», précisent les autorités.

Des taxes jugées inutiles dans le viseur

Conscient des inquiétudes relatives au coût du transport aérien, l’exécutif annonce parallèlement une révision de la fiscalité appliquée au secteur. Un groupe de travail interministériel a ainsi été constitué afin de passer en revue les différents prélèvements existants.

Sa mission sera «d’identifier et de supprimer les taxes ne présentant pas de valeur ajoutée pour le secteur, dans le but de ne pas alourdir davantage le prix du billet d’avion pour les usagers», indique le ministère.

À travers cette double démarche, le gouvernement affirme vouloir concilier le renforcement de la sécurité aérienne avec la préservation du pouvoir d’achat des voyageurs. Cette politique s’inscrit, selon les autorités, dans la volonté du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, de doter le Gabon d’un système d’aviation civile répondant pleinement aux standards internationaux en matière de sûreté et de contrôle des frontières.

 
GR
 

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