Réunis à Genève, en marge du Sommet «AI for Good / WSIS», le ministre gabonais de l’Économie numérique, Mark-Alexandre Doumba, et les responsables régionaux de TikTok ont fait le point sur la gouvernance des plateformes numériques. Quelques mois après la suspension des réseaux sociaux intervenue en février dernier au Gabon, les deux parties ont convenu de poursuivre leur coopération, alors que la plateforme revendique avoir supprimé plus de 23 500 contenus sensibles au premier trimestre 2026.

Le ministre Mark-Alexandre Doumba et Emir Gelen, directeur régional des Relations gouvernementales de TikTok. © Com. MENDI

 

Le Gabon et TikTok poursuivent leurs échanges sur l’encadrement des plateformes numériques. Le 13 juillet, à Genève, en Suisse, où il prenait part au Sommet «AI for Good / WSIS» organisé du 7 au 11 juillet, le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark-Alexandre Doumba, a rencontré les responsables de TikTok pour le Moyen-Orient, l’Eurasie et l’Afrique (MEA), afin d’évaluer les progrès réalisés en matière de modération des contenus et d’adaptation aux nouvelles exigences réglementaires gabonaises.

Cette rencontre intervient dans un contexte particulier. Elle survient plusieurs mois après la suspension des plateformes numériques décidée en février 2026 par les autorités gabonaises, mesure qui avait relancé le débat sur la responsabilité des réseaux sociaux dans la diffusion de contenus jugés nuisibles ou contraires à l’ordre public.

Plus de 23 500 contenus sensibles supprimés

Conduite par Emir Gelen, directeur régional des Relations gouvernementales, et Maria Cohn, directrice adjointe pour la même région, la délégation de TikTok a présenté au ministre gabonais les résultats de ses opérations de modération pour le premier trimestre 2026.

Selon les chiffres communiqués par la plateforme, 23 504 contenus liés à des contenus sensibles ont été supprimés, parmi lesquels 13 930 publications portant atteinte à la sécurité et au bien-être des mineurs et 10 784 contenus relatifs à des biens, services et activités réglementés.

Les principales suppressions concernent les contenus à caractère sexualisé, au nombre de 17 225, ainsi que les contenus liés aux abus sexuels ou physiques visant les mineurs, estimés à 12 883.

TikTok affirme par ailleurs que 99,8 % des contenus en infraction ont été retirés avant tout signalement des utilisateurs, tandis que 92,9 % l’ont été avant même d’être visionnés. La plateforme indique également que 97,2 % des suppressions ont été effectuées dans un délai inférieur à quarante-huit heures et que 4 352 comptes ont été définitivement suspendus durant la période considérée.

Une coopération appelée à se poursuivre

Au-delà du bilan chiffré, la réunion de Genève marque une nouvelle étape dans les relations entre le gouvernement gabonais et la plateforme chinoise. Les discussions ont porté sur les échanges engagés depuis la suspension des réseaux sociaux ainsi que sur les modalités de mise en conformité avec l’ordonnance encadrant désormais les réseaux sociaux au Gabon.

«Tenant compte de la ratification de l’ordonnance portant réglementation des réseaux sociaux en République gabonaise, les deux parties sont convenues de poursuivre une collaboration étroite durant la période de douze mois prévue pour la mise en conformité de la plateforme avec les nouvelles dispositions légales», indique le communiqué du ministère.

L’enjeu dépasse la seule question technique. Pour Libreville, il s’agit désormais de concilier développement numérique, liberté d’expression et protection des populations les plus exposées aux dérives des réseaux sociaux.

Santé mentale, désinformation et cyberharcèlement au cœur des préoccupations

Au cours des échanges, Mark-Alexandre Doumba a insisté sur «l’importance que le gouvernement accorde à la protection de la santé mentale des jeunes face aux risques liés aux réseaux sociaux». Le ministre a notamment évoqué la lutte contre la désinformation, le cyberharcèlement, les discours de haine et les autres contenus préjudiciables.

Cette rencontre s’inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur la gouvernance du numérique et de l’intelligence artificielle, un sujet porté par le Gabon sur la scène internationale ces derniers mois. Le pays multiplie les initiatives visant à renforcer sa souveraineté numérique et à promouvoir un usage plus encadré des technologies émergentes.

 

 
GR
 

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