«Transformer l’information en confiance» : Creditinfo Central Africa démarre ses activités au Gabon
Le Bureau d’information sur le crédit (BIC) agréé par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) pour la Cemac a officiellement lancé ses activités, le 15 juillet, à Libreville. La cérémonie, marquée par la signature des contrats d’adhésion entre Creditinfo Central Africa (Cica) et les établissements de crédit, ainsi que les institutions de microfinance du Gabon, a été présidée par le Secrétaire général du ministère de l’Économie, des Finances, Michel Tsamba, représentant le ministre Thierry Minko, s’est déroulée en présence du directeur national de la BEAC pour le Gabon, Rodrigue Bissielou, et du directeur général de Cica, Philippe Boupda. C’est donc le coup d’envoi d’un dispositif appelé à renforcer la transparence financière, améliorer l’évaluation des risques et élargir l’accès au crédit dans la sous-région.

Les représentants de toutes les parties immortalisés après signature des contrats d’adhésion entre Cica, les établissements de crédit et les institutions de microfinance du Gabon. © GabonReview
Placée sous la présidence du Secrétaire général du ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la vie chère, Michel Tsamba, la cérémonie de lancement des activités de Creditinfo Central Africa (Cica), premier Bureau d’information sur le crédit (BIC) agréé pour l’ensemble de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), s’est déroulée, ce mercredi 15 juillet, à Libreville. Marqué par la signature des contrats d’adhésion entre cet opérateur agréé et les établissements de crédit et de microfinance du Gabon, cet événement permet au Gabon de devenir ainsi le cinquième pays de la sous-région à accueillir le dispositif.
Bureau d’information sur le crédit permettra de combler le déficit d’informations fiables sur la solvabilité
Au nom du gouvernement, Michel Tsamba a présenté cet élément comme un levier stratégique au service de la transformation économique. «L’événement qui nous réunit aujourd’hui marque une étape majeure dans la modernisation de nos systèmes financiers», a-t-il dit, soulignant que le Bureau d’information sur le crédit permettra de combler le déficit d’informations fiables sur la solvabilité des emprunteurs. «Le Bureau d’information sur le crédit permettra aux établissements prêteurs de mieux apprécier les risques, de sécuriser davantage leurs décisions et, à terme, de favoriser un accès plus large et plus équitable au crédit», a-t-il poursuivi.
Pour lui, cet outil contribuera au financement des PME, au développement du secteur privé, à l’inclusion financière et au renforcement de la confiance des investisseurs. Il a, à cet effet, invité les établissements financiers, puis progressivement les opérateurs de paiement et les grands fournisseurs de services essentiels, à alimenter régulièrement cette base de données commune afin de bâtir «un environnement financier plus transparent, plus performant et davantage au service du financement de nos économies».
Pour le représentant de la Banque centrale, cette infrastructure répond à un impératif de stabilité financière. Le directeur national de la BEAC, Rodrigue Bissielou, a rappelé que le taux de créances en souffrance dans le système bancaire gabonais dépasse actuellement 18 %, alors que la norme prudentielle est fixée à moins de 5 %. «La mise en place du Bureau d’information sur le crédit est la réponse vigoureuse de la Banque centrale pour réduire l’asymétrie d’information, évaluer le risque à sa juste valeur et assainir durablement nos portefeuilles», a-t-il fait savoir.
«Transformer l’information en confiance, la confiance en crédit et le crédit en croissance économique»

Quelques clichés du lancement des activités du Bureau d’information sur le crédit (BIC) au Gabon. © GabonReview
Il a également rassuré les établissements financiers et les citoyens quant à la protection des données personnelles, assurant que leur centralisation se fera «dans le strict respect de la réglementation». Le dispositif intégrera progressivement les informations provenant des sociétés d’eau et d’électricité, des opérateurs de télécommunications, ainsi que des services de mobile money afin d’élargir les profils financiers des populations encore peu bancarisées.
Dans cette dynamique, le directeur de la Stabilité financière de la BEAC, Mahamat Nassour Habib Doutoum, a précisé que les établissements devront transmettre leurs données historiques au plus tard le 15 septembre 2026, après une première échéance fixée à la fin du mois d’août, pour permettre les premières consultations de solvabilité dès octobre 2026. «La construction d’une infrastructure sous-régionale d’information financière permettra de transformer l’information en confiance, la confiance en crédit et le crédit en croissance économique durable», a-t-il indiqué.
Les acteurs du secteur ont unanimement salué une réforme appelée à redéfinir les pratiques de financement dans la Cemac. Le président de l’Association professionnelle des établissements de crédit (APEC), Dimitri Kevin Ndjebi, a qualifié cette évolution de «tournant historique dans le fonctionnement de notre économie», Il a rappelé que l’encours des créances en souffrance dépasse désormais 500 milliards de francs CFA. «Crédit Info n’est pas une liste noire, c’est un outil de confiance», a-t-il insisté, en saluant «un choix de transparence au service d’un financement plus responsable et plus inclusif».
Le BIC n’est pas un outil de sanction
Pour lui, «nous passons d’une logique d’information fragmentée à une logique de partage structuré». Même appréciation du côté des établissements de microfinance. Leur représentant, Jean-Richard Mbelé Mbelé, a estimé que «le BIC n’est pas un outil de sanction, il est avant tout un instrument de confiance», destiné à réduire le surendettement, à améliorer la qualité des portefeuilles et à offrir davantage d’opportunités de financement aux très petites entreprises, aux jeunes entrepreneurs et aux femmes.
A ce lancement, les autorités voient dans Creditinfo Central Africa un catalyseur de l’inclusion financière et de la diversification économique à l’échelle régionale. Son directeur général, Philippe Boupda, a expliqué que le partage progressif des données entre banques, établissements de microfinance, sociétés de financement, opérateurs de mobile money, entreprises de télécommunications et grands facturiers permettra de construire une véritable identité financière pour les populations jusqu’ici peu visibles du système bancaire.
«Le BIC apporte une inclusion financière en allant chercher des informations qui n’existaient pas dans les circuits bancaires traditionnels», a-t-il déclaré. Évoquant les perspectives du dispositif, il a ajouté que «ces informations deviendront de véritables passeports financiers», en permettant à un historique de paiements réguliers de faciliter l’accès au crédit, y compris pour les citoyens non bancarisés.















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