Vingt-huit mois de pérégrinations administratives, neuf provinces visitées, des dizaines de postes comptables passés au crible : la tournée nationale du Trésor public s’est refermée le vendredi 24 avril 2026 dans le Woleu-Ntem. À Oyem, Mitzic, Médouneu, Bitam et Minvoul, Luther Steeven Abouna Yangui a livré le même message, méthodique et sans concession : la probité n’est pas négociable, la tolérance face aux dérives est nulle.

Devant la Trésorerie provinciale du Woleu-Ntem, à Oyem : Luther Steeven Abouna Yangui (au centre) immortalise avec ses agents la dernière étape d’une longue tournée d’évaluation. © Facebook /TresorPublicGabonais

 

Engagée en janvier 2024, la tournée d’évaluation des postes comptables conduite par Luther Steeven Abouna Yangui, Directeur général de la Comptabilité publique et du Trésor (DGCPT), a connu son point d’orgue le vendredi 24 avril 2026 dans le Woleu-Ntem (G9). Une étape septentrionale qui referme méthodiquement la boucle d’un long périple administratif.

Fragments d’une mission de proximité : d’Oyem à Minvoul, le Directeur général du Trésor public a sillonné le Woleu-Ntem (G9) au plus près des hommes et des dossiers. En haut : avec le gouverneur de la province, Jules Djéki. © Facebook /TresorPublicGabonais

Le patron du Trésor a donc posé ses valises à Oyem, chef-lieu de la province la plus septentrionale du pays, avant de rayonner vers Mitzic, Médouneu, Bitam et Minvoul. Une moisson de visites conduites dans la fidélité à une méthode désormais éprouvée : celle de la proximité, qui privilégie le contact direct, l’observation in situ et l’écoute des hommes plutôt que les comptes rendus filtrés par les hiérarchies intermédiaires.

Conformément aux usages républicains, la délégation a d’abord présenté ses civilités au gouverneur de la province, Jules Djéki. Un échange protocolaire qui aura surtout permis de rappeler la finalité d’une mission destinée à resserrer les liens entre l’administration centrale et ses services déconcentrés.

Une radioscopie de terrain

À chaque étape, les visiteurs ont procédé à une véritable radioscopie des postes comptables : conditions matérielles, état de fonctionnement des services, contraintes opérationnelles, attentes exprimées par les équipes. L’exercice, loin de se cantonner à un audit administratif classique, s’est doublé d’un dialogue franc avec les agents, dont les observations ont été consignées en vue d’une exploitation au niveau central. Une démarche qui tranche avec la tradition feutrée des inspections expéditives.

Une première en soixante ans et la probité comme boussole

Devant ses agents, Abouna Yangui n’a pas éludé le chapitre des exigences déontologiques. Le directeur général a martelé le triptyque cardinal qui structure le métier de comptable public : probité, éthique et tolérance zéro à l’endroit des dérives, qu’il s’agisse de corruption ordinaire ou de détournement des deniers publics. Un rappel à l’ordre qui fait écho à la doctrine d’assainissement des finances publiques portée par les plus autorités du pays.

Le ton, à l’heure du bilan, est celui d’une satisfaction assumée : «Je me réjouis d’avoir bouclé cette tournée historique. Depuis soixante ans, nous sommes les premiers à avoir parcouru les 48 postes comptables des neuf provinces du pays : 9 trésoreries provinciales, 7 recettes provinciales et 32 perceptions. Nous pouvons être fiers», a indiqué Luther Steeven Abouna Yangui.

En refermant cette boucle dans le septentrion, la DGCPT signe un acte de méthode : celui d’une administration financière plus proche du terrain, plus rigoureuse dans ses procédures et résolument arrimée à l’impératif d’efficacité du service public.

 
GR
 

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