[Tribune] La transformation locale des ressources naturelles au Gabon : un enjeu de la souveraineté économique pour la Ve République
À l’heure où la Ve République affiche son ambition de bâtir une économie plus souveraine et moins dépendante des exportations de matières premières, la transformation locale des ressources naturelles s’impose comme un levier stratégique pour le Gabon. Dans cette nouvelle tribune, le duo formé par le géopolitologue Jonathan Ndoutoume Ngome et le doctorant en géoéconomie Amour Nziengui Mombo analyse les enjeux géoéconomiques de cette orientation, entre impératifs d’industrialisation, création de valeur et défis liés à la compétitivité et au développement durable.

Un tombereau minier du Groupe Eramet sur un site au Gabon. © Eramet

Dr Jonathan Ndoutoume Ngome et Amour Nziengui Mombo. © GabonReview
Le Gabon dispose d’importantes ressources naturelles, notamment le pétrole, le manganèse, le bois, le fer et une riche biodiversité. Pendant longtemps, une grande partie de ces ressources a été exportée à l’état brut, ce qui a limité la création de valeur ajoutée, d’emplois et de revenus pour le pays.
Inscrite dans une perspective géoéconomique, la transformation locale de ces ressources est devenue un enjeu majeur de souveraineté économique.
À propos de la Géoéconomie :
Elle étudie la manière dont les États utilisent leurs ressources et leurs capacités économiques pour renforcer leur puissance et défendre leurs intérêts.
Pour le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, transformer localement ces ressources naturelles permet de réduire la dépendance aux marchés extérieurs, de développer une industrie nationale et d’accroître la compétitivité de son économie.
C’est dans cette dynamique de transformation et de valorisation, que le nouveau Gabon sous la Ve République se présente. Cette orientation traduit une volonté de renforcer la souveraineté économique du pays.
Une ambition assumée
Cette ambition des autorités de la Ve République présente plusieurs avantages. Elle favorise la création d’emplois qualifiés, le transfert de technologies, l’augmentation des recettes fiscales et la diversification de l’économie.
L’interdiction d’exporter les grumes depuis 2010, qui a encouragé le développement d’industries de transformation du bois, illustre cette stratégie.
De même, les projets visant à transformer davantage le manganèse sur le territoire national s’inscrivent dans cette logique de montée en puissance industrielle.
Cependant, cette stratégie fait face à plusieurs défis : l’insuffisance des infrastructures, le coût élevé de l’énergie, les besoins en financement, le manque de main-d’œuvre hautement qualifiée et la concurrence internationale.
Le pays doit également garantir un cadre juridique stable et attractif pour les investisseurs tout en préservant ses intérêts nationaux.
Ainsi, pour le Chef de l’État et le gouvernement, la souveraineté économique du Gabon repose désormais sur la capacité à maîtriser les chaînes de valeur de ses ressources naturelles. En développant la transformation locale, le pays peut réduire sa dépendance aux exportations de matières premières, renforcer son industrialisation et assurer une croissance plus durable et inclusive.
Conclusion
En faisant de la transformation locale des ressources naturelles un levier stratégique, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, consacre la souveraineté économique du Gabon comme un révélateur de la Ve République.
En valorisant davantage ces richesses sur le territoire, le pays peut accroître sa création de valeur, diversifier son économie et renforcer sa place dans les échanges internationaux.
Ainsi, le défi pour la Ve République consiste désormais à concilier industrialisation, attractivité économique et gestion durable des ressources afin de construire un développement solide et durable.
– Dr Jonathan NDOUTOUME NGOME
Géopolitologue, Maître-Assistant CAMES. Ancien fonctionnaire de la DGH au ministère du Pétrole et des Hydrocarbures et Ancien Ministre de la République
– Amour NZIENGUI MOMBO
Doctorant en Géoéconomie, Fonctionnaire au Ministère de l’Économie et des Participations















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