À l’occasion du premier anniversaire de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), le 5 juillet prochain, la sénatrice du département de Mulundu (Ogooué-Lolo), Nadia Christelle Koye, propose une réflexion sur la trajectoire du parti présidentiel depuis sa création. Tout en saluant les réformes engagées par le président fondateur, Brice Clotaire Oligui Nguema, elle estime que l’UDB doit désormais transformer sa domination électorale en une présence effective sur le terrain, au service de la vulgarisation des réformes et de la consolidation de la Ve République.

Nadia Christelle Koye, sénatrice UDB du département de Mulundu. © D.R.

 

De la transition à la naissance de l’UDB

Le coup de libération du 30 août 2023 au Gabon a posé les jalons d’une révolution cathartique : le repositionnement de l’État et de la souveraineté nationale au cœur du débat public au Gabon.

Cette catharsis a entraîné, des bords de l’océan au cœur de la forêt, une ondée purificatrice d’où ont germé les réformes institutionnelles conduites par Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, d’abord Président de la Transition, puis Président de la République, Chef de l’État, Chef du Gouvernement.

Les réformes institutionnelles, engagées sur le fondement de la démocratie participative, ont conduit à la mise en place de la nouvelle Constitution du 19 décembre 2024, socle de la Ve République. Celle-ci a consacré le rôle des partis politiques dans l’expression du suffrage universel.

C’est dans ce contexte de construction nationale et de réappropriation des valeurs démocratiques, de souveraineté nationale et de redevabilité que l’Union démocratique des bâtisseurs, dont le président fondateur est Brice Clotaire Oligui Nguema, a été créée le 5 juillet 2025.

À la veille de la célébration du premier anniversaire de l’UDB, première formation politique du pays au lendemain des élections législatives et locales du 27 septembre 2025, la présente tribune vise à analyser la place de l’UDB dans le microcosme politique gabonais.

Conformément à la Constitution, les partis politiques ont pour rôle de représenter les intérêts des citoyens, de participer à la conquête et à l’exercice du pouvoir et de contribuer au fonctionnement de la démocratie.

L’UDB, instrument politique du projet de société présidentiel

Cependant, il est indéniable, au regard de l’incontestable légitimité et de la constante popularité de Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, crédité d’un score historique de 95,85 % à l’élection présidentielle du 12 avril 2025, que la création ultérieure de l’UDB répondait plutôt à un impératif de représentativité des intérêts des populations par un mécanisme de maillage tactique et synchronisé du pays grâce à une implantation territoriale.

En effet, dans la perspective de l’opérationnalisation de son projet de société « Construire le Gabon nouveau », il a paru impérieux de disposer d’un outil institutionnel, d’une armée de « bâtisseurs » engagés à l’ancrage national et territorial de la vision présidentielle du Gabon nouveau, ainsi qu’à la vulgarisation des réformes de toutes natures, en amont comme en aval des réalisations.

Pour mieux illustrer mon propos, j’évoquerai une sagesse nzebi affirmant que : « Lorsque le chef donne les munitions aux chasseurs, c’est pour que ces derniers nourrissent le village. »

Pour contextualiser cet adage, les munitions sont :

  • la légitimité du président fondateur de l’UDB et la confiance que lui accorde le peuple gabonais ;
  • son engagement patriotique ;
  • les réalisations concrètes depuis la prise de pouvoir ;
  • le « spolis système vertueux ».

Transformer la popularité présidentielle en ancrage territorial

Par ailleurs, dans le même contexte, comment les bâtisseurs vont-ils nourrir le village ?

Il s’agit bien évidemment du rôle imagé de la contribution des militants de l’UDB à la réalisation de la vision du président fondateur, à l’appropriation du principe de la redevabilité et à la contribution du parti à la consolidation de la légitimité de son président fondateur.

À la veille de la commémoration du premier anniversaire du parti, ces objectifs sont-ils atteints ?

Il serait fantasmagorique d’envisager qu’un jeune parti, composé de manière éclectique sur la base de la légitimité de son président fondateur, réussisse un tel exploit en une seule année, même si sa création repose sur la rupture avec l’ordre ancien décrié par les Gabonais.

Un premier bilan entre acquis et insuffisances

Toutefois, sur la forme, d’une part, l’UDB est créditée d’une majorité écrasante dans les deux chambres du Parlement et dans les assemblées locales. D’autre part, le concluant marathon d’implantation engagé personnellement par le secrétaire général de l’UDB, Mays Mouissi, malgré ses importantes obligations, consacre l’ancrage territorial du parti avec ses démembrements dans chaque province du pays.

Sur le fond, le président fondateur l’a lui-même relevé lors de son adresse au Parlement réuni en Congrès le 15 juin 2026 : l’absence des élus et des cadres du parti est flagrante sur le terrain pour vulgariser les réformes initiées par Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema.

Les actions engagées dans ce sens restent circonscrites et ne correspondent pas aux exigences de la realpolitik.

L’épreuve du terrain, nouveau défi des bâtisseurs

L’UDB doit être invasive sur le terrain, pas seulement au niveau de l’exécutif du parti, mais jusqu’à la plus petite unité territoriale (village, quartier, section de village, section de quartier), à l’image de son président fondateur qui n’hésite pas à aller toucher les réalités du terrain.

À la décharge du parti, sa récente implantation territoriale pourrait justifier cette difficulté au démarrage. Mais plus encore, c’est le caractère protéiforme de sa structure qui ralentit son déploiement.

Au regard de tout ce qui précède, il appartient désormais au parti de sortir du confort de son statut de parti politique du « Bâtisseur national », auréolé de la notoriété de son président fondateur, pour conquérir véritablement le terrain.

En politique, l’émergence d’une nouvelle classe politique est évanescente. La légitimité du président fondateur est acquise et indéniable ; en revanche, celle des nouveaux visages politiques sera éprouvée à l’aune de l’effectivité du travail accompli sur le terrain.

Une allégorie pour rappeler l’exigence de l’intérêt général

Pour terminer, je raconterai l’histoire d’un chef très apprécié de son peuple.

Il épousa neuf femmes qui lui donnèrent cinquante-quatre enfants, lesquels eurent à leur tour cent quatre-vingt-dix enfants, desquels naquit une multitude.

Le roi avait une affection particulière pour les deux premières épouses, dont les cérémonies avaient été célébrées de manière particulière par ses parents. Néanmoins, soucieux du bien-être de l’ensemble de son peuple, sans discrimination, il vouait une affection particulière à chacun des citoyens de son royaume.

Pour mieux organiser son royaume, il confia à des régisseurs la mission de désigner des représentants chargés de veiller au bien-être de tout le peuple, selon les principes d’inclusivité, de travail et de félicité.

Certains exécutèrent cette mission avec engagement et dévouement. D’autres, malheureusement, saisirent cette opportunité pour servir leurs intérêts personnels et leur appétit gargantuesque, délaissant ainsi l’intérêt général.

Lorsque le roi l’apprit, alerté par les plaintes récurrentes du peuple, il entra dans une colère noire et, à l’instar des Saintes Écritures, sépara la bonne herbe de l’ivraie.

Nadia Christelle KOYE

Compagnonne bâtisseuse

Sénatrice du département de Mulundu, depuis Nzondé, district de Ndangui

 
GR
 

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