Trois régulateurs scellent, à Libreville, une alliance historique pour mobiliser l’épargne au service du développement africain
Le Palais des Congrès de la Cité de la démocratie, à Libreville, a accueilli, le 6 juillet, la signature d’une convention de coopération tripartite entre la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf), la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (Cima) et l’Autorité des marchés financiers de l’Union monétaire ouest-africaine (AMF-UMOA). Placée sous le patronage du ministre gabonais de l’Économie, cette cérémonie, organisée en marge d’un atelier régional sur le thème «Mobiliser l’épargne au service de l’économie réelle», intègre le principe de renforcement de la coopération entre les espaces Cemac et UEMOA afin de mieux orienter l’épargne africaine vers le financement du développement.

Le représentant du ministre de l’Économie, les présidents de la Cosumaf et de l’AMF-UMOA et le Secrétaire général de la Cima, lors de la signature. © GabonReview
Pour la première fois, les régulateurs des marchés financiers et des assurances ont uni, ce 6 juillet, à Libreville leurs expertises au sein d’un cadre juridique commun destiné à renforcer l’intégration financière du continent et à orienter davantage les ressources africaines vers le financement du développement. Événement d’une portée historique pour la gouvernance financière africaine, la signature de la convention de coopération tripartite entre la Cosumaf, la Cima et l’AMF-UMOA, en marge de l’atelier régional consacré à la thématique stratégique sous le thème «Mobiliser l’épargne au service de l’économie réelle», a réuni régulateurs, décideurs publics, investisseurs et universitaires autour d’un enjeu central, à savoir «transformer l’épargne africaine en levier durable de financement du développement».
«L’enjeu est de mieux orienter l’épargne disponible vers ces besoins de financement»

Quelques clichés de la signature d’une convention de coopération tripartite entre la Cosumaf, la Cima et l’AMF-UMOA. © GabonReview
Cette convention instaure un cadre durable de collaboration fondé sur le partage d’informations, l’assistance technique, la convergence des normes prudentielles et la coordination de la supervision. La présidente de la Cosumaf, Jacqueline Adiaba-Nkembe, en a souligné la portée en déclarant que «ce n’est pas un symbole, c’est un acte. La régulation financière n’est pas une affaire de techniciens repliés sur leurs textes. C’est une affaire d’État, une affaire de souveraineté, une affaire de développement». Elle a également rappelé que «l’Afrique centrale ne manque pas d’épargne, elle manque de canaux pour la transformer en investissement productif».
Les échanges ont porté sur les moyens de canaliser l’épargne domestique, institutionnelle et celle de la diaspora vers les infrastructures, les PME et l’industrialisation, à travers les obligations souveraines, les fonds d’investissement, l’assurance-vie, la finance numérique et d’autres instruments adaptés. Pour le président de l’AMF-UMOA, Kossi Ténou, «nos économies ont besoin de ressources massives pour financer les infrastructures, accompagner les entreprises et soutenir leur industrialisation». «L’enjeu est de mieux orienter l’épargne disponible vers ces besoins de financement», a-t-il dit, rappelant également le rôle stratégique des compagnies d’assurance dans les investissements de long terme.
Dépasser les cloisonnements entre les différents secteurs financiers
Le secrétaire général de la Cima, Éric Rochereau Kouaghu Tchuisseu, a estimé que cette coopération permet de dépasser les cloisonnements entre les différents secteurs financiers. «En fédérant ainsi les forces de la Cima, de la Cosumaf et de l’AMF-UMOA, nous brisons définitivement le cloisonnement sectoriel et géographique pour éclore un écosystème financier intégré, robuste et interconnecté au service du développement économique de nos États membres», a-t-il indiqué, en mettant l’accent sur l’harmonisation réglementaire, la gestion des risques et le développement de nouveaux produits financiers.
Au nom du gouvernement gabonais, le secrétaire général du ministère de l’Économie, Michel Tsamba, a salué une initiative conforme aux ambitions économiques de la sous-région. Selon lui, «une Afrique qui finance davantage son développement grâce à sa propre épargne est une Afrique plus résiliente, plus attractive et davantage maîtresse de son destin». Avec cette signature de convention, Libreville ouvre ainsi une nouvelle dynamique régionale destinée à faire de l’épargne un élément conséquent de financement des infrastructures, des entreprises et de la croissance africaine.















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