L’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) a célébré, ce 5 juillet à la Cité de la démocratie, le premier anniversaire de sa création. Dans son intervention, le secrétaire général Mays Mouissi a revendiqué un bilan «exceptionnel», tout en reconnaissant des rivalités de leadership et des défaillances de responsables locaux. Le parti du président Brice Clotaire Oligui Nguema annonce quatre priorités pour l’année à venir.

Mays Mouissi, secrétaire général de l’UDB, le 5 juillet 2026 : «Personne n’est plus grand que le Parti. Aucun responsable. Aucun élu. Aucun cadre. Aucun militant. Le Parti nous survivra tous. Nous ne faisons que le servir pendant un moment de son histoire.» © GabonReview

 

Un an jour pour jour après sa création, le 5 juillet 2025, l’UDB a réuni ses instances et ses militants à Libreville. «Ce jour-là, nous n’avons pas créé un Parti. Nous avons ouvert une espérance», a lancé Mays Mouissi, évoquant «le serment de servir avant de nous servir» et de «placer le Gabon au-dessus de tout». À ceux qui prédisaient que «les Bâtisseurs finiront par disparaître dans la multitude des formations politiques», le secrétaire général a opposé une réplique cinglante : «Aujourd’hui, un an plus tard, l’Histoire leur a répondu».

À ceux qui prédisaient la disparition des Bâtisseurs «dans la multitude des formations politiques», le Secrétaire général  (à gauche du président Oligui) a répliqué que « L’Histoire leur a répondu». © GabonReview

Rendant un «hommage vibrant et appuyé au leadership éclairé» du président fondateur Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a su guider le parti «avec fermeté, discernement et sens élevé de l’intérêt national», l’orateur a rappelé les acquis électoraux : 102 députés sur 145, 52 sénateurs sur 70 et près de 1 282 conseillers municipaux et départementaux sur 2 311 sièges. Il a également détaillé les résultats préliminaires de la tournée nationale d’implantation lancée le 25 avril 2026 : 8 délégations provinciales, 35 communales, 38 départementales, 200 délégations de quartiers et 150 de villages, soit plus de 3 000 militants «responsabilisés et installés». «Ce qui fait progressivement de l’UDB, le Parti le mieux implanté du pays», a-t-il affirmé.

Des «rivalités personnelles» reconnues au sommet

Sous le même pagne, des ambitions concurrentes ? «Ces divisions ne servent ni le Parti, ni le peuple gabonais», a averti Mays Mouissi. © GabonReview

L’exercice de célébration a toutefois cédé la place à un moment de lucidité inhabituel. «L’Histoire est remplie de mouvements qui ont conquis le pouvoir avec éclat avant de perdre leur âme. Non pas parce qu’ils avaient cessé d’être puissants. Mais parce qu’ils avaient cessé d’être exemplaires», a prévenu Mays Mouissi. Il a déploré «une implication insuffisante de certains responsables, parfois même une absence regrettable de ceux qui avaient pourtant accepté de porter les responsabilités du Parti», ainsi que «des rivalités personnelles et des conflits de leadership locaux qui ralentissent parfois notre dynamique collective». Et de trancher : «Ces divisions ne servent ni le Parti, ni le peuple gabonais».

Le secrétaire général a appelé au «respect de la hiérarchie» et exhorté les militants à «abandonner le repli caractéristique de notre appartenance passée à d’autres formations ou regroupement». «Le Parti nous survivra tous. Nous ne faisons que le servir pendant un moment de son histoire», a-t-il insisté, avant de conclure sur une définition exigeante du militantisme : «Être Bâtisseur, c’est travailler sans attendre les applaudissements. C’est préférer les résultats à la visibilité».

Contrôleur financier, siège national et séminaires en Chine

Marée verte à la Cité de la démocratie. À ces militants, Mays Mouissi a rendu un hommage appuyé, rappelant que le parti grandit grâce à «ces milliers de visages que les caméras ne montrent jamais mais sans lesquels aucune victoire ne serait possible». © GabonReview

Pour l’année à venir, quatre priorités ont été fixées : l’achèvement du maillage territorial, le renforcement des capacités des militants, l’assainissement de la gestion financière et la pérennisation du patrimoine. Un contrôleur financier sera prochainement nommé pour «améliorer la transparence, la reddition des comptes et assurer un financement plus stable de nos structures territoriales». Chaque militant devra en outre comprendre que le financement du parti «repose d’abord sur la force de son engagement à travers le paiement régulier des cotisations».

Sur le plan international, l’UDB a envoyé plusieurs cadres en Chine pour un séminaire de haut niveau organisé avec le Parti communiste chinois, après une participation au sixième congrès du Parti congolais du travail à Brazzaville et des échanges initiés avec le Parti communiste de Cuba. Enfin, le ministre de l’Habitat aurait donné «son accord de principe» pour l’identification d’un terrain destiné à la construction du futur siège national du parti.

Au terme de son intervention, Mays Mouissi a placé cette deuxième année sous le signe de l’exigence : «Conquérir la confiance du peuple est une victoire. La mériter chaque jour constitue une exigence encore plus grande». Appelant à «l’unité, à la discipline et au dépassement de toutes les ambitions personnelles», le secrétaire général a laissé aux Bâtisseurs une interrogation en forme de viatique : «Lorsque notre temps sera passé, que restera-t-il de nous ?» Une question dont la réponse, au vu des tensions internes reconnues ce 5 juillet, dépendra moins des discours que de la capacité du parti à discipliner ses propres rangs.

 
GR
 

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