Brice Clotaire Oligui Nguema vient de rebattre les cartes à la trésorerie de son parti. Aurélien Marcel Mintsa-Mi-Nguema, son frère et jusqu’ici gardien des finances de l’Union démocratique des bâtisseurs, cède la place à Luc Aymard Madama Moubeya. Une réorganisation qui touche l’un des postes les plus sensibles de la formation au pouvoir.

À l’UDB, les cordons de la bourse changent de mains : Aurélien Mintsa-Mi-Nguema (à gauche) sort de la trésorerie, une décision annoncée à la télévision par le Secrétaire général, Mays Mouissi (à droite). © GabonReview (montage)

 

Ce n’est pas un simple jeu de chaises à la trésorerie de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB). Dans une décision signée le 9 septembre 2026 et lue le même soir à la télévision nationale par le secrétaire général du parti, Mays Mouissi, Brice Clotaire Oligui Nguema recompose l’équipe chargée des finances de sa formation. Le mouvement emporte surtout un nom : celui d’Aurélien Marcel Mintsa-Mi-Nguema, frère du chef de l’État et jusque-là trésorier général.

La décision n°002/PFPP/DC ne cite pas le responsable sortant et ne fournit aucun motif à son remplacement. Elle installe Luc Aymard Madama Moubeya comme nouveau trésorier général. Yannick Mefane devient trésorier général adjoint n°1, tandis qu’Alice Princesse Antsiendi Ampindi prend le rang de trésorière générale adjointe n°2.

Un frère du président quitte les cordons de la bourse

Le changement est politiquement plus significatif qu’il n’y paraît. Lors de la première mise en place des organes dirigeants de l’UDB, Aurélien Mintsa-Mi-Nguema avait reçu les clés de la trésorerie, épaulé par Christian Marat Gnangué et Yannick Mefane.

Quelques mois plus tard, il était encore en première ligne pour présenter l’architecture financière du parti, reposant notamment sur les cotisations, les subventions prévues par la loi, ainsi que les dons et legs. L’UDB annonçait alors vouloir consacrer 60 % de ses ressources aux investissements et 40 % au fonctionnement.

Son départ était toutefois devenu plausible depuis sa nomination, en février, comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Gabon en Inde. Il a prêté serment le 5 mai avant de rejoindre New Delhi. Cette fonction diplomatique peut expliquer son retrait de la gestion quotidienne du parti, sans que la décision du 9 septembre établisse elle-même ce lien.

Effet immédiat et procédure d’urgence

La réorganisation ne se limite pas au poste principal. Christian Marat Gnangué, jusque-là premier adjoint, disparaît également du nouveau trio. Seul Yannick Mefane demeure et remonte d’un cran.

Surtout, le texte ne laisse aucune période de transition. Il entre en vigueur immédiatement et doit être «publié et communiqué selon la procédure d’urgence partout où besoin sera», a indiqué Mays Mouissi en clôturant sa lecture. Le secrétariat général est chargé d’en assurer l’exécution.

Signée à Libreville par le président fondateur de l’UDB, la décision acte donc sans délai un changement sensible : le frère du chef de l’État ne tient plus les cordons de la bourse du parti présidentiel.

 
GR
 

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