Une semaine après que son deuxième congrès se soit soldé par un échec dans la désignation du successeur du président Zacharie Myboto ayant annoncé sa retraite politique, le siège de l’Union nationale (UN) à Libreville est pris en otage par la guerre des clans qui secoue ce parti de l’opposition depuis quelque temps. Certains de ses militants, y compris des élus, y sont désormais interdits de séjour.

Le siège de l’Union nationale fermé, le 16 décembre 2020. © Facebook

 

Vice-président du Sénat, élu de l’Union nationale, Jean Christophe Owono Nguema n’est pas parvenu à tenir sa réunion mercredi 16 décembre au siège de son parti, à Libreville. S’il avait en effet prévu d’échanger avec d’autres militants pour les «rassurer» en dépit du climat de tension actuel au sein de leur formation politique, l’accès lui a tout bonnement été refusé.

«En plus d’avoir été fermé à son insu, un ordre a été donné à la personne qui gère le siège de n’autoriser l’accès à aucun militant ne faisant pas partie du staff dirigé par Raphaël Badenga Lendoye, donc du directoire provisoire mis en place par le parti lors du dernier congrès», a confirmé le sénateur joint au téléphone par Gabonreview.

Si, pour «ne pas jeter de l’huile sur le feu», il n’a pas souhaité communiquer le nom du militant qui a décidé de la fermeture du siège et de lui en priver l’accès pour sa réunion, Jean Christophe Owono Nguema n’invite pas moins ses compagnons à «accepter la contradiction», étant donné que leur parti «se dit démocratique».

Il faut dire que le parti est divisé en deux clans distincts depuis la déclaration de candidature à la présidence de Paul-Marie Gondjout. Cette guerre des clans est d’ailleurs à l’origine de l’échec de la désignation d’un remplaçant à Zacharie Myboto, lors du congrès tenu du 5 au 7 décembre dernier. Aux dires de certains, le siège du parti serait désormais considéré comme la propriété du clan favorable au gendre du président sortant.

«Nous devons continuer à siéger, sauf si on veut nous dire que le siège n’est plus là et qu’il s’agit désormais d’un domicile privé, et dans ce cas, nous devons officiellement délocaliser le siège. Mais là n’est pas la solution. Je pense que les éminents cadres de l’Union nationale devraient s’asseoir pour trouver des solutions aux petits malentendus qui se posent en ce moment», estime Jean Christophe Owono Nguema, qui espère toujours tenir sa réunion prochainement.

 
GR
 

2 Commentaires

  1. Luc Ongotho dit :

    Et avec ça, certains veulent faire passer Myboto pour un sage ? Pedegiste un jour, pedegiste toujours.. incapable de faire autre chose que ramener la vie publique à de petits calculs familiaux et deals avec les Bongo. 56 ans de vie politique pour ça ? Quelle triste sortie…

    • Paul Bismuth dit :

      Pour certains il suffit de se déclarer opposant pour gagner en crédibilité sur la scène politique. Myboto, comme beaucoup d’autres, ne recherchent qu’à regagner les prebendes qu’il a perdues avec l’arrivée d’Ali Bongo au pouvoir. Il n’a rien à faire de l’intérêt des populations, au fond. En vérité, nous gabonais, sommes entre le marteau et l’enclume, ou contraints de choisir entre la peste et le choléra.

Poster un commentaire