Les libertés publiques se sont invitées au cœur du premier discours de Marie Joselle Itsana en tant que présidente de l’Union du peuple gabonais (UPG). À peine élue, Marie Joselle Itsana a haussé le ton, mettant en garde contre le recul des libertés publiques. Elle appelle les autorités gabonaises à garantir un véritable espace d’expression démocratique.

Marie Joselle Itsana, le 25 juin, au siège de l’UPG : «Nous n’accepterons jamais que la prison devienne l’horizon de la parole libre, ni que la peur remplace le débat démocratique». © D.R.

 

À peine élue à la tête de l’Union du peuple gabonais (UPG), Marie Joselle Itsana a donné le ton. Profitant de son discours d’investiture prononcé le 25 juin, la nouvelle présidente du parti a adressé un message direct aux autorités, les appelant à préserver les libertés publiques dans un contexte politique que l’opposition juge de plus en plus contraignant. «L’attachement à la paix, à la stabilité et à l’unité nationale ne saurait justifier le rétrécissement progressif de l’espace des libertés publiques», a-t-elle averti. Un propos qui fait écho aux dénonciations récurrentes des acteurs politiques de l’opposition, lesquels accusent le pouvoir de restreindre les espaces d’expression.

Pour la présidente de l’UPG, la vitalité démocratique ne peut se concevoir sans pluralisme. Une démocratie, a-t-elle rappelé, se mesure «à sa capacité à entendre les voix critiques, à accepter la contradiction et à garantir à chaque citoyen le droit d’exprimer ses opinions sans crainte de représailles». Le parti dit observer avec inquiétude un environnement où les critiques de l’action publique sont parfois assimilées à une remise en cause de l’État, exposant certains responsables politiques, syndicalistes ou acteurs de la société civile à des pressions, des intimidations, voire à des poursuites judiciaires. «Aucune nation ne se renforce en faisant taire les consciences. Aucune République ne grandit dans la peur. Aucun pouvoir ne sort durablement grandi de la restriction des libertés fondamentales», a lancé Marie Joselle Itsana.

Si elle reconnaît à l’État le devoir de garantir l’ordre public, elle estime que celui-ci doit également être capable d’accepter le débat contradictoire. Poursuivant son plaidoyer, la nouvelle dirigeante de l’UPG a affirmé que «l’amour de la patrie ne se mesure pas à la capacité de se taire, mais aussi au courage de dire ce qui doit être corrigé lorsque l’intérêt général l’exige». Elle a assuré que son parti restera une force politique responsable, attachée à la paix civile, mais résolue à défendre les droits et libertés consacrés par la Constitution. «Nous n’accepterons jamais que la prison devienne l’horizon de la parole libre, ni que la peur remplace le débat démocratique», a-t-elle prévenu.

Ce, dit-elle, «parce qu’une nation forte est une nation qui écoute ses citoyens, même lorsqu’ils dérangent». Avant de conclure par une formule sans équivoque : «A bon entendeur ! La lutte continue !!!».

 
GR
 

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