UPG : quinze ans après la disparition de Pierre Mamboundou, le pari de la renaissance
À l’occasion du 37e anniversaire de l’Union du peuple gabonais (UPG), sa nouvelle présidente, Marie Joselle Itsana, a lancé le processus de renaissance du parti. Quinze ans après la disparition de son fondateur, Pierre Mamboundou, la formation politique entend se reconstruire, restaurer son unité et retrouver sa place sur l’échiquier politique gabonais.

Marie Joselle Itsana s’exprimant le 14 juillet 2026 au siège du parti, à Libreville. © D.R.
Quinze ans après la disparition de son président fondateur, Pierre Mamboundou, l’Union du peuple gabonais (UPG) ambitionne de renouer avec son influence sur la scène politique nationale. À l’occasion du 37e anniversaire du parti, célébré à travers une adresse intitulée « Le Serment de la renaissance », sa nouvelle présidente, Marie Joselle Itsana, a lancé un appel à la reconstruction de la formation politique autour du triptyque « Union, Responsabilité, Dignité ». Fondée le 14 juillet 1989 par Pierre Mamboundou, l’UPG s’est imposée pendant de nombreuses années comme l’une des principales forces de l’opposition au régime Bongo. Mais la disparition de son leader, le 15 octobre 2011 à Libreville, a ouvert une longue période de crises internes.
Rivalités de leadership, divisions et tentatives de réconciliation inabouties ont progressivement affaibli le parti, qui a perdu une grande partie de son influence, vivant davantage sur son héritage politique que sur sa capacité à mobiliser de nouveaux soutiens. Consciente de cet essoufflement, Marie Joselle Itsana entend insuffler une nouvelle dynamique. « Aujourd’hui, après quinze années de passage à vide, nous ne sommes pas réunis pour tourner nos regards vers les difficultés du passé. Nous sommes réunis pour ouvrir une nouvelle page », a-t-elle déclaré devant les militants.
« L’UPG n’est pas seulement un héritage »
Cette relance s’articule autour de plusieurs axes. La nouvelle direction prévoit d’abord la réactivation des structures de base du parti afin de renforcer son implantation sur le terrain. Elle annonce également la création d’une Académie de formation politique de l’UPG, destinée à transmettre l’histoire du parti, former les militants aux enjeux de la gouvernance publique et préparer une nouvelle génération de responsables politiques. Par ailleurs, une vaste consultation nationale auprès des Gabonais devrait être organisée avant la tenue des «Assises de la renaissance». Ces travaux auront pour objectif de définir la nouvelle feuille de route politique de l’UPG et de repositionner le parti dans le paysage politique gabonais.
« L’UPG n’est pas seulement un héritage. L’UPG est une responsabilité », a insisté Marie Joselle Itsana. Rendant hommage à Pierre Mamboundou, qu’elle a présenté comme « cette pierre lancée dans l’Histoire du Gabon », elle a lancé un appel à ses frères d’armes : « aujourd’hui, à notre tour, nous recevons cette pierre. À nous désormais de lui donner une nouvelle trajectoire». Au-delà de sa réorganisation interne, l’UPG entend également retrouver toute sa place dans le débat politique national. Pour sa présidente, l’engagement politique impose une posture de responsabilité. « Le courage consiste à reconnaître les avancées lorsqu’elles existent, mais aussi à dénoncer les dérives lorsqu’elles menacent l’équilibre de notre République », a-t-elle affirmé.
Pour Marie Joselle Itsana, cette renaissance voulue ne pourra réussir qu’à travers une mobilisation collective. « La renaissance de l’UPG ne sera pas l’œuvre d’une seule personne ni d’une équipe restreinte », a-t-elle souligné, appelant les militants à s’investir pleinement dans la reconstruction du parti. « L’UPG est de retour. Elle revient avec son histoire. Elle revient avec ses valeurs. Elle revient avec son ambition », a soutenu la présidente, invitant les militants à « transformer la mémoire du président fondateur en un projet politique renouvelé ».















0 commentaire
Be the first one to leave a comment.