Urgence sanitaire : le Gabon trace une feuille de route contre la mortalité maternelle
Dans l’optique d’intensifier la lutte contre la mortalité maternelle au Gabon, le ministère de la Santé, en collaboration avec le système des Nations Unies et la Fondation Ma Bannière, a ouvert, jeudi 9 avril 2026 à Libreville, un atelier stratégique consacré à l’élaboration d’un «Plan d’accélération pour la réduction des décès maternels». Cette initiative vise à définir des actions concrètes et urgentes pour améliorer la santé maternelle et sauver davantage de vies.

Photo de famille lors de la cérémonie d’ouverture de l’atelier sur la feuille de route pour l’accélération de la réduction des décès maternels, le 8 avril 2026 à Libreville. © D.R.
Face à la persistance de la mortalité maternelle, le ministère de la Santé du Gabon a placé cette problématique au cœur de ses priorités. C’est dans cette optique qu’une feuille de route pour sa réduction est en cours d’élaboration du 9 au 11 avril 2026 à Libreville. À l’ouverture des travaux, la ministre de la Santé, Pr Elsa Joséphine Nkana Ayo épouse Bivigou, a tenu à rappeler la vulnérabilité des femmes, directement exposées aux risques liés à la maternité.
«L’objectif principal de cette rencontre est d’aboutir à un diagnostic approfondi de la situation et de définir des actions correctives. Ce plan d’accélération devra intégrer des interventions prioritaires, adaptées à nos réalités et fondées sur des données probantes», a-t-elle déclaré.
Dans cette perspective, plusieurs axes majeurs sont au centre des échanges : l’accès aux soins de santé maternelle de qualité, notamment en zones rurales et enclavées, la disponibilité et la qualification des ressources humaines, l’accès aux équipements et médicaments essentiels, ainsi que l’efficacité des systèmes de référence et de contre-référence. Une attention particulière est également portée au niveau de sensibilisation des communautés sur l’importance du suivi prénatal, de l’accouchement assisté et du suivi postnatal.

Quelques moments de la cérémonie. © GabonReview
Pour la ministre, l’enjeu est aussi structurel. Elle a insisté sur la nécessité de renforcer la gouvernance du système de santé, en clarifiant les responsabilités, en améliorant la collecte et l’exploitation des données, et en favorisant une meilleure coordination entre les différents niveaux de la pyramide sanitaire, afin d’assurer une prise en charge continue et cohérente des patientes.
Dans le même élan, le directeur régional pour l’Afrique de l’Ouest au sein des Nations Unies, Sennen Hounton, a élargi le débat en soulignant la dimension globale du problème. « Aujourd’hui, la question n’est pas seulement technique. Elle est aussi politique et sociale », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité d’aborder les enjeux de financement et d’infrastructures pour obtenir des résultats durables.
Le Burkina Faso comme modèle
Par ailleurs, l’expérience du Burkina Faso a été mise en avant comme source d’inspiration. Les autorités sanitaires burkinabè ont en effet réussi à réduire significativement la mortalité maternelle, avec une baisse estimée à «69 %», grâce notamment à «la subvention des soins obstétricaux et néonataux d’urgence (SONU) et à la prise en charge par l’État de 50 % des césariennes», a expliqué le ministre de la Santé du Burkina Faso Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, dans une présentation faite à distance. Ces mesures ont donc contribué à améliorer considérablement la prise en charge des femmes, notamment à Ouagadougou.
Ainsi, durant ces trois jours, acteurs institutionnels et professionnels de santé sont appelés à analyser en profondeur ces différents leviers afin de proposer une feuille de route concrète et efficace. Cette rencontre constitue également un cadre de réflexion sur le rôle de l’éducation et de la sensibilisation, notamment pour prévenir les grossesses précoces et améliorer durablement les indicateurs de santé maternelle au Gabon.
Thécia Nyomba













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