Vaccination : le Gabon face à un recul inquiétant, le gouvernement annonce des mesures urgentes
À l’occasion de la célébration, dès ce mercredi 22 avril 2026, de la Semaine africaine de la vaccination, la ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo Nkana épouse Bivigou, alerte sur la baisse de la couverture vaccinale au Gabon et ses risques épidémiques. Elle annonce une série de réformes pour relancer la dynamique et atteindre les objectifs nationaux.

La ministre de la Santé, Pr Elsa Joséphine Ayo Nkana épouse Bivigou. © D.R.
Le Gabon fait face à une baisse préoccupante de sa couverture vaccinale, une situation qui expose le pays à des risques épidémiques réels. À l’ouverture de la Semaine africaine de la vaccination (22-28 avril 2026), la ministre de la Santé, Pr Elsa Joséphine Ayo Nkana Epse Bivigou, a affiché la détermination des autorités à inverser cette tendance, tout en annonçant un ensemble d’initiatives structurantes pour redynamiser le système national de vaccination.
«Nous devons faire preuve de lucidité et de détermination», a déclaré la ministre, soulignant que la couverture vaccinale nationale «oscille actuellement entre 60 % et 75 %», avec un taux de 62 % pour le Penta 3 en 2025, bien en deçà de l’objectif de 90 % fixé dans le Plan national de développement sanitaire.
Cette baisse concerne particulièrement les enfants de plus d’un an, un phénomène qui fragilise les acquis sanitaires. «Cette fragilité nous expose à des risques épidémiques réels», a averti la ministre, rappelant la résurgence de la diphtérie dans le Woleu-Ntem en 2023 ainsi que des cas récents de rougeole et de fièvre jaune.
Une réponse politique assumée
Face à cette situation, les autorités entendent agir rapidement. Sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, l’année 2026 a été décrétée «année de la redynamisation des services de vaccination». L’objectif est explicite : «ne laisser aucun enfant de côté», y compris ceux sortis du Programme élargi de vaccination (PEV).
La stratégie gouvernementale repose sur plusieurs axes opérationnels. D’abord, la généralisation de l’approche «Atteindre chaque district», visant à identifier et vacciner les enfants dits «zéro-dose», notamment dans les zones enclavées et les quartiers sous-intégrés.
Ensuite, un vaste programme de modernisation de la chaîne de froid sera lancé, avec l’introduction de réfrigérateurs solaires pour sécuriser la conservation des vaccins sur l’ensemble du territoire. Cette initiative sera menée avec l’appui de partenaires internationaux comme l’UNICEF et le CDC Africa.
Numérisation et nouveaux vaccins
Le gouvernement mise également sur la transformation numérique pour améliorer la gestion vaccinale. «Notre pays va disposer désormais d’un suivi en temps réel des stocks de vaccins», a indiqué la ministre, grâce à des outils comme DHIS2 ou les systèmes d’information géographique.
Parallèlement, de nouveaux vaccins seront introduits progressivement, notamment contre le pneumocoque, le rotavirus, le HPV et le paludisme. Dès cette année, une deuxième dose de vaccin contre la rougeole sera intégrée au calendrier vaccinal.
Autre priorité : l’intégration de la vaccination dans les soins de santé primaire et son extension au-delà de l’âge d’un an, afin de corriger les abandons observés. Une campagne de communication sera également déployée pour lutter contre la désinformation et promouvoir la vaccination «à tout âge».
Appel à la mobilisation collective
Rappelant que «la vaccination est un droit pour chaque enfant et une responsabilité pour chaque famille», la ministre a insisté sur la gratuité et la disponibilité des vaccins dans les structures publiques. Elle a appelé les populations à se mobiliser massivement et à accueillir les équipes de vaccination.
Dans un contexte marqué par une baisse de la couverture vaccinale, le gouvernement mise sur une combinaison de volonté politique, d’innovation et de proximité pour éviter de nouvelles crises sanitaires et protéger durablement les populations.













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