Affaire E-Doley : le Tribunal judiciaire de Paris déboute la fintech gabonaise face à BGFIBank
Par un jugement rendu le 25 juin 2026, le Tribunal judiciaire de Paris a rejeté l’ensemble des demandes formulées par E-Doley Finance contre BGFI Holding Corporation et BGFIBank Gabon, condamnant au passage la société gabonaise pour action en justice abusive. Le groupe bancaire s’en est félicité dans un communiqué diffusé le 6 juillet.

Ernest Akendengue Tewelyo, gérant d’E-Doley Finance. Le Tribunal judiciaire de Paris a débouté sa société de l’ensemble de ses demandes contre BGFI Holding Corporation et BGFIBank Gabon, le 25 juin 2026. © GabonReview
Le volet français du long contentieux opposant E-Doley Finance au groupe BGFIBank vient de connaître un dénouement défavorable à la fintech gabonaise. «Le Groupe BGFIBank se réjouit de la décision rendue par le Tribunal judiciaire de Paris le 25 juin 2026 dans le cadre de la procédure engagée par la société E-Doley Finance», indique le communiqué de presse signé de la banque, daté de Libreville le 6 juillet 2026.
La juridiction parisienne était saisie du volet relatif à la propriété intellectuelle, E-Doley Finance et son gérant, Ernest Akendengue Tewelyo, reprochant au groupe bancaire d’avoir exploité sans autorisation sa technologie de paiement et de transfert d’argent par mobile. Une accusation que le tribunal n’a pas retenue.
Demandes rejetées et lourdes condamnations financières
Selon le communiqué, le Tribunal «a débouté la société E-Doley Finance de l’ensemble de ses demandes formées au titre de sa demande d’expertise, de la contrefaçon de logiciel et du parasitisme». Aucun des griefs portés devant la justice française n’a donc prospéré. Le jugement va plus loin en qualifiant la démarche de la société gabonaise de procédure abusive.
Le Tribunal «a condamné la société E-Doley Finance à verser à BGFI Holding Corporation et à BGFIBank Gabon des dommages et intérêts de 8.000 euros chacun» (environ 5,2 millions de francs CFA chacun, soit 10,5 millions au total) «en réparation du préjudice causé par l’action en justice abusive», poursuit le texte. La fintech devra en outre s’acquitter «des frais de procédure, à hauteur de 25.000 euros à chacune des deux sociétés» (environ 16,4 millions de francs CFA chacune, soit 32,8 millions au total), «conformément aux dispositions du Code de procédure civile, ainsi qu’aux dépens». Au total, E-Doley Finance est ainsi condamnée à verser 66 000 euros, soit environ 43,3 millions de francs CFA. «Le Groupe BGFIBank prend acte de cette décision», conclut sobrement le communiqué, la banque assurant avoir «pleinement coopéré avec les autorités judiciaires compétentes, animé par sa confiance dans les institutions judiciaires et dans leur capacité à établir les faits en toute indépendance et impartialité».
Un contentieux au long cours, un volet gabonais toujours pendant
Cette décision referme, sous réserve d’un éventuel appel, une procédure engagée à Paris dès 2018. En février 2020, la Cour d’appel de Paris avait renvoyé l’examen de l’action en contrefaçon de logiciel devant le Tribunal judiciaire de Paris, tout en jugeant que le volet relatif à la rupture alléguée des relations commerciales relevait des juridictions gabonaises. C’est donc sur ce terrain de la contrefaçon que la fintech vient d’être déboutée.
Le différend n’est pas pour autant soldé dans son intégralité. À Libreville, le volet commercial (E-Doley Finance dénonçant une rupture abusive et brutale du partenariat noué autour de sa solution de banque mobile) suit son propre cours devant la Cour d’appel judiciaire, après un parcours procédural marqué par de multiples rebondissements depuis 2020. La décision parisienne du 25 juin pèsera néanmoins, à n’en point douter, dans l’économie générale de ce bras de fer engagé depuis près d’une décennie entre la startup d’Ernest Akendengue Tewelyo et le premier groupe bancaire de la sous-région.















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