Africa N°1 : Décès de Jérémie-Gustave Nzamba, la voix qui ne s’est jamais tue
Africa N°1 perd, ce samedi 25 juillet, l’un de ses fils les plus fidèles. Jérémie-Gustave Nzamba, journaliste et figure syndicale de la radio panafricaine, s’est éteint à Libreville à l’âge de 66 ans, après des mois de santé fragile. Il laisse derrière lui le silence pesant que laissent ceux qui avaient fait du son leur matière première.

De longues décennies de micro, une seule maison. Jérémie-Gustave Nzamba, voix discrète et conscience d’Africa N°1, est décédé ce samedi à Libreville à l’âge de 66 ans. © GabonReview (montage)
Il y a des carrières qui ressemblent à des vagabondages et d’autres à des serments. Celle de Jérémie-Gustave Nzamba appartient à la seconde catégorie. Une seule maison, une seule fréquence, une seule fidélité : Africa N°1. Depuis les bancs du Centre universitaire de sciences politiques et développement, le CUSPOD, où il avait étudié les sciences et techniques de l’information, il savait déjà : la radio serait sa vie. Elle l’a été, entièrement, jusqu’au bout.
Le micro comme territoire
Présentateur régulier du journal d’Africa N°1sur de nombreuses années, il en était devenu rédacteur en chef à partir de 2015 alors que la station panafricaine amorçait son déclin. Régulièrement présent, par la suite sur les plateaux de débat aux côtés des confrères de Gabon 1ère et de L’Union, invité régulier des discussions sur l’actualité gabonaise, Jérémie Nzamba avait acquis au fil des décennies cette autorité tranquille des hommes qui n’ont pas besoin de hausser le ton pour être entendus. En 2024, lors de la reprise d’antenne d’Africa N°1 après le dialogue national inclusif, il était là, évidemment, aux côtés de son collègue Ludovic Koumba. Fidèle au poste. Fidèle à lui-même.
Car la fidélité était peut-être sa qualité la plus saillante. Pas la fidélité passive de celui qui manque d’ambition, mais celle, active et choisie, de celui qui croit en ce qu’il fait et en l’institution qui le fait.
Le syndicaliste debout
Pourtant, ce sont peut-être ses derniers mois qui diront le mieux qui était Jérémie Nzamba. Alors que sa santé vacillait régulièrement et que ses proches voyaient bien que le corps donnait des signes d’épuisement, il continuait de porter la voix de ses collègues. Vice-président et porte-parole du Syndicat des communicateurs d’Africa N°1, le SYCA, il avait choisi, fin 2024, de monter au créneau publiquement pour dénoncer la situation précaire du personnel de la station en restructuration, sollicitant directement l’intervention du président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema. Un homme visiblement marqué par les difficultés, mais debout par conviction. Il y a une certaine grandeur dans ce tableau.
Ce que le silence dit
Africa N°1 traverse une période difficile. La restructuration en cours pèse sur les hommes et les femmes qui ont consacré leur existence à cette radio qui fut, à son apogée, la bande-son d’un continent. Jérémie Nzamba était de ceux-là, de cette génération qui avait grandi avec les grandes heures de la station créée en 1981, et qui s’était accrochée à elle-même quand les temps devinrent moins fastes. Sa disparition, dans ce contexte, n’est pas qu’un deuil personnel. C’est un symbole douloureux.
Africa N°1 a connu des jours plus fastes. Nzamba les avait vécus, traversés, défendus. Il s’en va sans avoir vu le redressement qu’il appelait de ses voeux. C’est le genre de deuil qui ne se résume pas en condoléances.















0 commentaire
Be the first one to leave a comment.