Bilie-By-Nze : après 83 jours de détention, EPG dénonce une procédure « au point mort »
Dans un communiqué publié ce mardi, Ensemble Pour le Gabon (EPG) alerte sur la situation de son président, Alain-Claude Bilie-By-Nze, détenu depuis 83 jours sans avoir été entendu sur le fond. Le parti dit craindre une prolongation de la détention durant les vacances judiciaires et dénonce la «neutralisation d’un opposant politique».

83 jours : pour EPG, le maintien en détention de son président s’apparente à «la neutralisation d’un opposant politique». ©Facebook / Jeff Clio Moulengui
Avant même d’aborder la crise de l’eau qui constitue l’essentiel de sa sortie, Ensemble Pour le Gabon a tenu à donner des nouvelles de son président. Voilà désormais 83 jours qu’Alain-Claude Bilie-By-Nze est privé de liberté, «dans des conditions particulièrement éprouvantes», rappelle le parti, qui souligne que l’ancien Premier ministre bénéficie toujours de la présomption d’innocence.
Selon la formation politique, en dehors des recours introduits par la défense, la procédure n’a pas avancé. L’intéressé n’aurait toujours pas été entendu sur le fond des faits qui lui sont reprochés. «Aucune véritable instruction n’a été engagée, aucune enquête ne semble avoir été menée pour établir la vérité», affirme EPG, pour qui tout se passe «comme si l’issue de cette affaire était arrêtée d’avance».
Un pourvoi en cassation sans horizon
Le parti indique qu’un pourvoi est actuellement pendant devant la Cour de cassation, sans qu’aucune indication n’ait été donnée sur la date à laquelle la haute juridiction rendra sa décision. L’approche des vacances judiciaires nourrit la crainte, exprimée sans détour dans le communiqué, d’une détention qui se prolongerait durant les mois de juillet et d’août sans débat sur le fond.
EPG rappelle par ailleurs qu’à la suite du changement de régime du 30 août 2023, aucune faute, aucun détournement ni aucun enrichissement illicite n’avaient été retenus contre Alain-Claude Bilie-By-Nze, pourtant ancien chef du gouvernement et responsable de plusieurs départements ministériels pendant plus d’une décennie.
«La neutralisation d’un opposant politique»
Pour le parti, le maintien en détention de son président, sans jugement sur le fond, apparaît «moins comme la recherche de la vérité que comme la neutralisation d’un opposant politique» dont les prises de position dérangeraient au sommet de l’État. Une lecture que les autorités judiciaires n’ont, à ce stade, pas commentée.
EPG assure qu’il poursuivra «sans relâche» ses démarches auprès des juridictions compétentes, mais aussi auprès des partenaires et instances internationales, «afin que cesse cette injustice». Le parti, qui se présente comme la principale formation d’opposition du pays, dit sa détermination «intacte» à défendre les droits de son président «jusqu’à ce que justice lui soit rendue».















0 commentaire
Be the first one to leave a comment.