Bilie-By-Nze, Massassa, visite d’État en France : la Présidence déroule sa ligne
Interpellé le 17 juillet à Libreville sur les détentions d’Alain-Claude Bilie-By-Nze et de Vincent de Paul Massassa, le Porte-parole de la présidence de la République, Théophane Nzame-Nze Biyoghe, a opposé la séparation des pouvoirs aux interrogations des médias. Il a par ailleurs souligné le caractère stratégique de la prochaine visite d’État du président Brice Clotaire Oligui Nguema en France.

Le Conseiller spécial et porte-parole de la présidence de la République, Théophane Nzame-Nze Biyoghe, face aux journalistes, le 17 juillet 2026, à Libreville. © D.R.
Depuis la salle de presse de la Présidence de la République, Théophane Nzame-Nze Biyoghe a livré un exposé sur plusieurs dossiers qui dominent l’actualité gabonaise. Rappelant d’abord le bilan et les ambitions tracés par le chef de l’État lors du Congrès du Parlement, le 15 juin dernier, il a situé sa sortie médiatique dans la continuité d’une démarche de transparence destinée «à permettre à nos compatriotes de cerner les enjeux» des dernières semaines.
Le porte-parole a mis en avant la stratégie de redressement national, articulée autour de la restauration de la crédibilité internationale, de la transformation du modèle économique et de la montée en puissance du capital humain. Des thèmes qu’il a décrits comme indissociables d’une politique de long terme visant «un Gabon qui retrouve pleinement sa place dans le concert des nations».
«La justice a son tempo»
Répondant aux questions relatives aux procédures judiciaires visant Alain-Claude Bilie-By-Nze, président d’Ensemble pour le Gabon (EPG), et Vincent de Paul Massassa, ancien ministre du Pétrole et des Hydrocarbures, Théophane Nzame-Nze Biyoghe a écarté toute interférence du pouvoir exécutif dans le fonctionnement de la justice. Il a notamment affirmé que «le Gabon ne s’administre pas en fonction des intérêts ou des attentes d’un autre pays» et que «la justice a son rythme, elle a son tempo, et le tempo de la justice n’est pas le tempo de la politique, et encore moins le tempo des médias».
Concernant les deux personnalités, il s’en est tenu au constat de leur situation judiciaire, sans autre commentaire : «Nous ne faisons que constater la détention. Et nous n’avons pas de commentaire supplémentaire à faire sur cette question-là», a-t-il fait savoir.
Paris, manganèse et Camp de Gaulle
Le porte-parole a également rejeté l’idée selon laquelle ces dossiers devraient être réglés avant le déplacement du chef de l’État en France afin d’améliorer l’image du pays. Selon lui, les décisions judiciaires ne sauraient être dictées par un agenda diplomatique. Il a souligné que la visite d’État répond, avant tout, à des objectifs de coopération bilatérale.
Les présidents Brice Clotaire Oligui Nguema et Emmanuel Macron feront notamment le point sur les accords conclus lors de la visite du chef de l’État français à Libreville en novembre 2025. «Il est question pour les deux chefs d’État de faire un suivi au haut niveau de ces différents accords», a-t-il expliqué, évoquant également les avancées enregistrées sur la transformation locale du manganèse. Sur ce dossier, il a rappelé qu’«au 1er janvier 2029, le manganèse gabonais ne sortira plus du Gabon sans avoir été transformé localement, sans avoir créé des emplois localement», avant d’aborder le dossier du Camp de Gaulle, dont le transfert foncier à l’État gabonais est attendu avant sa nouvelle dénomination, ainsi que la coopération en matière de formation des forces.















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