À quelques heures de l’inauguration par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, du complexe universitaire du Cap Estérias, la communauté benga a précédé le protocole républicain par celui des ancêtres. Sur le site, son roi, Marcel Tâ NKombouet, a conduit un rituel traditionnel de purification et de bénédiction. Une manière de rappeler qu’avant d’être un campus, le Cap Estérias est aussi une terre, une mémoire et une histoire.

Sa Majesté Marcel Tâ NKombouet, ‘roi’ des Benga, entouré de notables de la communauté lors du rituel traditionnel de bénédiction organisé au Cap Estérias, à la veille de l’inauguration annoncée du complexe universitaire. © GabonReview (capture d’écran)

 

À quelques heures d’une inauguration, annoncée pour ce jeudi 10 septembre, par le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, le complexe universitaire du Cap Estérias a d’abord été placé sous le signe des ancêtres. Sur ce territoire côtier historiquement lié aux Benga, la communauté a organisé, ce mercredi 9 septembre, un rituel traditionnel de purification et de bénédiction sur le site, en présence de son roi, Sa Majesté Marcel Tâ NKombouet.

Le geste n’est pas anodin. Avant les discours officiels, les rubans et le protocole, les Benga ont voulu inscrire le nouvel établissement dans une continuité plus ancienne que ses bâtiments. Le feu allumé sur le site devait ainsi ouvrir symboliquement la voie à l’institution appelée à accueillir une nouvelle génération d’étudiants.

«Nous sommes dans cet événement afin que cet établissement puisse avoir une bonne lumière. C’est un feu de bénédiction et, en plus, c’est la joie qui nous anime», a expliqué le roi des Benga. Une façon de placer le futur campus sous de bons auspices, mais aussi de rappeler que le Cap Estérias n’est pas seulement un espace à bâtir : c’est également un territoire de mémoire.

Un campus moderne sur une terre d’histoire

Le complexe universitaire constitue l’un des principaux chantiers de modernisation de l’enseignement supérieur dans le Grand Libreville. Début septembre, le ministre de l’Enseignement supérieur, Charles Edgar Mombo, y inspectait encore les travaux. La première phase, aménagée sur une dizaine d’hectares, compte quatorze bâtiments, notamment des blocs pédagogiques et administratifs, des logements étudiants ainsi que des résidences destinées aux responsables universitaires.

Présenté en février par le gouvernement comme devant accueillir l’Université des Sciences de l’Éducation, le projet était annoncé en août en phase d’achèvement pour ses principales infrastructures, tandis qu’une seconde phase avait déjà été engagée.

«Que nos enfants puissent grandir et s’épanouir»

Pour la communauté benga, l’événement dépasse donc la seule livraison d’une infrastructure publique. «C’est un événement majeur qui nous tient tous à cœur, afin que nos enfants puissent grandir et s’épanouir dans cette université», a ajouté Marcel Tâ NKombouet.

L’inauguration officielle est donc prévue ce 10 septembre en présence du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. À Cap Estérias, cependant, la cérémonie aura commencé la veille, dans un autre langage : celui du feu, de la mémoire et de la bénédiction.

 
GR
 

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