Dans une déclaration, ce vendredi 7 août à Libreville, le président de SOS Consommateurs, Christian R. Abiaghe Ngomo, a dressé un bilan rigide des premiers mois d’activité de la Centrale d’achat du Gabon (CEAG). Annoncée le 12 août 2025 et officiellement lancée le 10 avril 2026, cette société d’économie mixte, dotée d’un capital d’un milliard de francs CFA, devait contribuer à réguler l’approvisionnement et les prix d’une cinquantaine de produits de première nécessité. Saluée à ses débuts, l’initiative avait nourri de fortes attentes dans un pays confronté à une inflation persistante et à la dégradation du pouvoir d’achat. Mais, selon Christian R. Abiaghe Ngomo, l’espoir initial a progressivement laissé place à «la grande désillusion».

Pour Christian R. Abiaghe Ngomo, «la lutte contre la vie chère ne peut se résumer à des foires commerciales ponctuelles». © Facebook/CEAG

 

Le président de SOS Consommateurs, Christian R. Abiaghe Ngomo, lors d’une conférence. © D.R.

Le président de SOS Consommateurs, Christian R. Abiaghe Ngomo, dans sa communication de ce vendredi 7 août, a vivement critiqué le modèle des marchés itinérants organisés ponctuellement à Akanda, Owendo, Nzeng-Ayong, Sibang et Minvoul, par la Centrale d’achat du Gabon (CEAG), ainsi que celui annoncé à Makokou le 30 août 2026. Pour lui, une opération commerciale mensuelle ne peut répondre aux besoins quotidiens des ménages, qui achètent en fonction de leurs ressources et de leurs besoins immédiats. 

Efficacité «fortement contestable»

Il juge également peu réaliste l’idée de constituer des réserves mensuelles, notamment dans un contexte marqué par «les nombreuses interruptions du service public d’électricité qui compromettent la conservation des denrées alimentaires dans les foyers». Cette approche, estime-t-il, réduit une politique censée combattre durablement la vie chère à des opérations ponctuelles dont l’efficacité reste «fortement contestable».

Christian R. Abiaghe Ngomo a surtout dénoncé un éloignement de la CEAG par rapport à sa vocation originelle. Selon ses statuts, la centrale devait importer et acquérir les produits encadrés par l’État, centraliser les commandes, réguler les importations, agréer les opérateurs et contribuer à réduire les coûts d’approvisionnement. Or, la direction générale entend désormais assurer directement les commandes, l’importation et la commercialisation des produits, au risque de transformer la CEAG en opérateur de détail. 

«La lutte contre la vie chère ne peut se résumer à des foires commerciales ponctuelles»

Cette orientation soulève, à ses yeux, des questions de gouvernance et de transparence, d’autant qu’un importateur privé, identifiable à travers les marques vendues lors des marchés, intervient dans le dispositif sans figurer parmi les actionnaires fondateurs. «Quelles sont les contreparties économiques, fiscales, douanières ou financières accordées par l’État à cet opérateur pour lui permettre de proposer des prix sensiblement inférieurs au marché ?», a-t-il questionné.

L’organisation de ces marchés pourrait enfin, selon SOS Consommateurs, créer une distorsion de concurrence au détriment des petits commerçants, incapables de s’aligner sur des prix réduits grâce à des avantages dont ils ne bénéficieraient pas. Face à ces interrogations, l’association réclame une évaluation indépendante portant sur l’impact réel de la CEAG sur les prix, la sélection des fournisseurs, les avantages accordés aux opérateurs, la qualité et la traçabilité des produits, ainsi que les effets du dispositif sur le commerce de proximité. Elle demande au gouvernement de rétablir pleinement la centrale dans sa mission de régulation des importations, de garantir la transparence de ses partenariats et d’assurer une concurrence loyale. Pour Christian R. Abiaghe Ngomo, «la lutte contre la vie chère ne peut se résumer à des foires commerciales ponctuelles». Elle doit reposer sur une politique publique cohérente, permanente et transparente.

 
GR
 

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