Le parti Ensemble pour le Gabon (EPG) a fait une nouvelle déclaration, le 24 juin 2026 à Libreville, consacrée à la situation judiciaire de son président, Alain-Claude Bilie-By-Nze. Rendu public par le Secrétaire général du parti, Aimé Mapangou, le communiqué ci-après met en avant les préoccupations de cette formation politique concernant le maintien en détention de l’ancien Premier ministre, les garanties liées à la procédure judiciaire, ainsi que plus largement les enjeux de respect de l’État de droit et des libertés publiques au Gabon. Lecture !

Le Secrétaire général d’EPG, Aimé Mapangou, lors de la déclaration. © D.R.

 

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Chers compatriotes,

Je vous remercie de votre présence à cette conférence de presse consacrée à une question qui, au-delà de toute considération partisane, interpelle profondément notre conscience collective et engage l’avenir de notre État de droit.

Le parti Ensemble Pour le Gabon (EPG) souhaite une nouvelle fois attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur la situation préoccupante de son Président, Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze.

Depuis son interpellation le 15 avril 2026, suivie de son placement en détention le 16 avril, Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze demeure privé de liberté alors que de nombreuses interrogations subsistent quant au respect des garanties fondamentales qui doivent entourer toute procédure judiciaire dans un État de droit.

Permettez-moi de rappeler que, dans toute démocratie digne de ce nom, la justice ne doit pas seulement être rendue, elle doit être rendue dans le respect scrupuleux des droits, des procédures et des principes qui fondent la confiance des citoyens dans leurs institutions.

Selon ses Conseils, les faits qui lui sont reprochés remontent à plus de dix-huit ans et sont couverts par la prescription. La défense a d’ailleurs contesté la légalité de la procédure en soulevant cette question essentielle devant les juridictions compétentes.

Cette question de la prescription n’est pas un détail technique. Elle constitue un principe fondamental du droit pénal, destiné à garantir la sécurité juridique et à éviter que des poursuites ne soient engagées indéfiniment, au mépris du temps écoulé et des exigences d’équité.

Détenu depuis 71 jours sans avoir été entendu une seule fois sur le fond de son dossier par le juge d’instruction

EPG constate également que, depuis son placement en détention, Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze n’a toujours pas été entendu sur le fond par le juge d’instruction. Cette situation soulève de sérieuses préoccupations quant au respect du droit à un procès équitable et au principe selon lequel la détention provisoire doit demeurer une mesure exceptionnelle.

Aujourd’hui, Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze est détenu depuis 71 jours sans avoir été entendu une seule fois sur le fond de son dossier par le juge d’instruction.

Les conditions de détention qui nous sont rapportées sont inacceptables et constituent une atteinte aux droits fondamentaux de Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze.

Nous rappelons que la détention provisoire ne saurait être utilisée comme une sanction anticipée. Elle doit être strictement encadrée, justifiée et proportionnée. Lorsqu’elle se prolonge sans avancée significative de la procédure, elle devient source d’inquiétude légitime.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que la défense considère que cette procédure poursuit un objectif essentiellement politique.

Les principes fondamentaux de notre République sont-ils appliqués de manière égale à tous ?

Disons-le en toute objectivité, le véritable but recherché est d’écarter Alain-Claude Bilie-By-Nze durablement de la vie politique nationale et de le rendre inéligible aux prochaines échéances électorales.

Nous le disons avec gravité, au regard des circonstances de cette affaire, de la prescription soulevée par la défense, de la durée de la détention et de l’absence d’actes d’instruction significatifs, cette hypothèse ne peut être balayée d’un revers de main.

Au-delà de la situation personnelle de notre Président, c’est la crédibilité de notre justice et la confiance des citoyens dans les institutions qui sont en jeu.

Car aujourd’hui, la question qui se pose à notre justice est la suivante : les principes fondamentaux de notre République sont-ils appliqués de manière égale à tous ? Ou assistons-nous à une dérive qui fragilise les fondements mêmes de notre vivre-ensemble ?

Nous prenons acte des démarches engagées par les Conseils de Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze auprès des Nations Unies, d’autres mécanismes internationaux de protection des droits de l’homme, ainsi que des instances africaines compétentes.

Cette analyse a conduit les Conseils à saisir plusieurs mécanismes internationaux de protection des droits de l’homme.

Que les droits fondamentaux de Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze soient pleinement respectés et qu’il retrouve sa liberté

La communauté internationale suit désormais ce dossier avec une attention croissante et de nombreuses voix s’élèvent pour demander que les droits fondamentaux de Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze soient pleinement respectés et qu’il retrouve sa liberté.

Cette mobilisation internationale confirme que les interrogations soulevées par cette affaire ne sont plus seulement celles d’un parti politique ou d’une famille, mais celles de tous ceux qui demeurent attachés aux principes universels de justice et de liberté.

Nous souhaitons également interpeller nos partenaires internationaux sur les signaux contradictoires envoyés au peuple gabonais.

Comment comprendre que, d’un côté, des mécanismes internationaux soient saisis de la situation de Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze et que des préoccupations soient exprimées concernant les libertés fondamentales au Gabon, tandis que, de l’autre, certains partenaires continuent d’agir comme si ces préoccupations n’existaient pas ?

EPG ne peut passer sous silence une autre décision qui interroge profondément l’attachement de nos institutions aux principes démocratiques.

Une démocratie se renforce lorsque les grandes questions de société peuvent être débattues et tranchées sur le fond

Nous avons saisi la Cour constitutionnelle pour contester la constitutionnalité du nouveau Code de la nationalité. La Cour a choisi de déclarer ma requête irrecevable, au motif que le Vice-Président ne disposait pas d’un mandat exprès du Président Alain-Claude Bilie-By-Nze pour agir, sans examiner le fond des questions que j’ai soulevées.

Pourtant, les interrogations que j’ai portées concernent des sujets majeurs pour l’avenir de notre République : le recours aux ordonnances pour modifier un texte aussi fondamental que le Code de la nationalité, le respect de la souveraineté populaire, les droits et libertés fondamentaux, ainsi que les conséquences de certaines dispositions relatives à la nationalité et à la déchéance de nationalité.

Le Parti Ensemble Pour le Gabon reste convaincu qu’une démocratie se renforce lorsque les grandes questions de société peuvent être débattues et tranchées sur le fond. Lorsque des citoyens, des partis politiques ou des organisations saisissent les institutions de la République sur des sujets aussi essentiels, ils sont en droit d’attendre des réponses de fond à leurs préoccupations.

Notre pays a besoin d’institutions qui éclairent le débat démocratique et renforcent la confiance des citoyens.

Aucune décision d’irrecevabilité ne saurait éteindre un débat qui concerne l’avenir de la Nation

Le silence sur le fond ne fait jamais disparaître les questions qu’il laisse sans réponse.

Pour notre part, nous n’abandonnerons pas ce combat. Nous n’abandonnerons pas le peuple gabonais au moment même où il a besoin que les partis politiques d’opposition assument pleinement leur rôle de vigilance, de proposition et de défense des libertés publiques.

D’autres initiatives, d’autres recours et d’autres actions seront engagés afin que ces questions essentielles soient portées devant toutes les instances compétentes et continuent d’être débattues dans l’espace public.

Aucune décision d’irrecevabilité ne saurait éteindre un débat qui concerne l’avenir de la Nation, les droits des citoyens et l’équilibre même de notre démocratie.

Nous poursuivrons donc, avec détermination, dans le respect de la loi et des institutions, tous les moyens légaux et démocratiques permettant d’obtenir les réponses que les Gabonais sont en droit d’attendre.

Nous avons récemment pris connaissance d’informations relayées dans l’espace public faisant état de tensions préoccupantes au sein de la prison centrale de Libreville.

Nous ne sommes pas en mesure de confirmer ces informations. Toutefois, leur seule existence rappelle une réalité que nul ne peut ignorer : lorsqu’un citoyen est placé en détention, l’État devient entièrement responsable de sa sécurité, de son intégrité physique et de sa dignité.

Nous rappelons que l’État ne peut se soustraire à cette responsabilité. Tout ce qui se produit dans un établissement pénitentiaire relève de sa responsabilité directe dès lors qu’il en assure l’administration, la surveillance et le contrôle.

La liberté de Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze n’est plus seulement une exigence de droit

Dans ces conditions, le maintien en détention de Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze apparaît d’autant plus incompréhensible.

Nous demandons donc, une nouvelle fois, la mise en liberté immédiate et sans condition de Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze.

Nous refusons qu’un homme dont les droits fondamentaux sont déjà gravement affectés soit exposé à des risques supplémentaires dans un environnement dont l’État reconnaît lui-même les difficultés de fonctionnement.

L’État gabonais a une obligation de protection. Celui qui prive un homme de liberté assume aussi l’entière responsabilité de sa sécurité. Si un incident devait survenir à la prison centrale de Libreville, personne ne pourrait prétendre qu’il n’avait pas été alerté. 

La liberté de Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze n’est plus seulement une exigence de droit. Elle est également devenue une exigence de prudence et de responsabilité.

Nous voulons également souligner que cette situation intervient dans un contexte national marqué par une attente forte de justice, de transparence et de réconciliation.

Le peuple gabonais aspire à des institutions fortes, crédibles et respectueuses des droits de chacun.

C’est pourquoi nous appelons à la responsabilité de tous les acteurs : autorités judiciaires, pouvoirs publics, société civile et partenaires internationaux.

Il est impératif que la lumière soit faite dans le strict respect du droit, sans instrumentalisation, sans pression et sans traitement différencié selon les personnes concernées.

Nous demandons simplement le respect du droit

Face à cette situation, Ensemble Pour le Gabon :

  • Réaffirme son attachement au respect de l’État de droit et de l’indépendance de la justice,
  • Exige le respect intégral des droits de la défense et des garanties d’un procès équitable,
  • Soutient les demandes formulées par les Conseils de Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze,
  • Constate que tout concourt à faire croire que cette procédure vise à empêcher Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze de participer pleinement à la vie politique nationale et à compromettre son éligibilité aux prochaines échéances électorales,
  • Exige la mise en liberté immédiate et sans condition de Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze,
  • Salue le soutien de la coalition politique, des partis alliés et de l’ensemble des démocrates qui soutiennent la demande de libération de Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze,
  • Appelle les autorités gabonaises à faire prévaloir la justice, le droit et l’apaisement dans l’intérêt supérieur de la Nation.

Par ailleurs, nous avons le plaisir d’annoncer officiellement la légalisation de la représentation d’Ensemble Pour le Gabon au sein de la diaspora.

Nous ne demandons aucun privilège.

Nous ne demandons aucune faveur.

Nous demandons simplement le respect du droit.

La diaspora gabonaise contribue activement au rayonnement du pays

Ensemble Pour le Gabon remercie l’ensemble des partis politiques alliés, des organisations de défense des droits humains, des citoyens gabonais, des influenceurs engagés en faveur de l’État de droit et mobilisés pour la libération des prisonniers arbitraires, ainsi que tous les partenaires internationaux qui continuent de suivre avec attention cette affaire.

Nous saluons également la mobilisation croissante de la diaspora gabonaise, dont l’engagement témoigne de l’attachement profond de nos compatriotes, où qu’ils se trouvent, aux valeurs de justice et de démocratie. Nous rappelons avec force que ces femmes et ces hommes demeurent pleinement rattachés à l’avenir de leur pays, contrairement à un narratif injuste qui tend à les présenter comme des Gabonais de second plan, supposément détachés de leur nation. Rien n’est plus éloigné de la réalité. La diaspora gabonaise contribue activement au rayonnement du pays et reste profondément investie dans son devenir. Elle ne saurait être marginalisée, privée d’accès à certaines fonctions de la République, ni exposée à des menaces de déchéance de nationalité fondées sur des notions imprécises, telles que celles d’«actions subversives et déstabilisatrices», dont les contours restent flous et sujets à interprétation.

Notre combat n’est pas celui d’un homme seul

Notre combat n’est pas celui d’un homme seul. Il est celui du respect des principes fondamentaux sans lesquels aucune démocratie véritable ne peut prospérer.

C’est un combat pour la justice.

C’est un combat pour l’équité.

C’est un combat pour la dignité.

C’est un combat pour l’avenir du Gabon.

Nous resterons mobilisés, déterminés et vigilants jusqu’à ce que justice soit rendue et que les droits de Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze soient pleinement rétablis.

Je vous remercie de votre attention 

 
GR
 

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