Biens mal acquis : l’UDB place les droits de l’État au-dessus des fidélités
L’État doit-il renoncer à défendre son patrimoine pour ménager des personnes ou préserver une mémoire ? L’Union démocratique des bâtisseurs répond non. Dans l’affaire des «biens mal acquis», le parti d’Oligui Nguéma défend une démarche : permettre au Gabon de réclamer réparation si la justice établit un préjudice, sans transformer cette exigence en condamnation anticipée.

Pour l’UDB d’Oligui Nguéma, aucune fidélité politique ou familiale ne doit priver le Gabon du droit de réclamer réparation dans l’affaire des biens mal acquis. Photomontage. © GabonReview
Dans une communication diffusée le 25 septembre 2026, l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) entreprend de justifier la participation de l’État gabonais à la procédure française des «biens mal acquis». Son objectif : dissocier la défense des intérêts nationaux d’une initiative personnelle du président. «L’État n’est ni une personne, ni une famille, ni un parti politique», affirme-t-elle.
Cette intervention survient après l’appel d’Ali Bongo au respect de la mémoire d’Omar Bongo. Sans le citer, l’UDB refuse d’opposer «la mémoire nationale aux exigences de justice». Mais sa démonstration porte d’abord sur les raisons pour lesquelles le Gabon entend faire valoir ses droits.
Être partie civile pour défendre les intérêts du pays
Premier argument : l’actuel pouvoir n’a ouvert ni le dossier ni cette voie judiciaire. Le parti rappelle l’origine ancienne de la procédure (depuis 2007) et souligne que la constitution de partie civile du Gabon avait été «acceptée par la Cour d’appel de Paris le 14 mars 2023», sous l’ancien régime.
Deuxième argument : cette participation répond à un enjeu patrimonial. Il s’agit de permettre au Gabon de faire reconnaître un éventuel préjudice et d’en demander réparation. L’UDB précise l’objectif : en cas de condamnation définitive, réclamer que le produit de la vente des biens confisqués «soit directement restitué au Trésor public ou affecté à des projets de développement locaux», plutôt que géré unilatéralement par des mécanismes d’aide internationaux.
La démarche vise donc, selon le parti des bâtisseurs, à préserver les possibilités de récupération de fonds au bénéfice du pays. Elle ne garantit toutefois ni une condamnation ni une restitution. Le texte pose lui-même une condition : qu’une juridiction établisse le lien entre les biens concernés et un préjudice subi par le Gabon.
Défendre l’État sans se substituer aux juges
L’UDB distingue ensuite les fonctions : le parquet national financier français formule ses réquisitions ; le Gabon défend ses intérêts ; le juge statue. La partie civile «ne rend pas de jugement», «ne prononce pas de condamnation» et «ne se substitue pas au ministère public».
Ce partage des rôles fonde sa réponse aux accusations de règlement de compte politique : soutenir la démarche gabonaise ne revient pas à désigner des coupables. Le parti rappelle expressément, à cet effet, «la présomption d’innocence, les droits de la défense et l’indépendance de la justice».
L’UDB assume néanmoins son soutien à Oligui Nguéma. Sa communication défend donc aussi le pouvoir, mais au nom d’une obligation qu’elle présente comme indépendante des dirigeants : «L’argent public appartient à la Nation et sa protection relève de la responsabilité permanente de l’État.» Ainsi, pour le parti présidentiel, aucune fidélité personnelle ne saurait justifier que la République renonce à faire examiner ses droits.
















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