Abandonné en 2017 sous la pression des incursions d’éléphants, Lata, dans l’Ogooué-Ivindo, reprend vie grâce aux clôtures électriques. Huit ans après, les habitants réinvestissent leurs terres agricoles, offrant un premier succès concret dans la lutte contre le conflit homme-faune.

Une vue aérienne du village, en 2025. © Space for Giants – Gabon

 

À 18 kilomètres de Makokou, Lata n’est plus un village fantôme. Derrière des clôtures électriques installées pour tenir les éléphants à distance, les habitants reprennent progressivement leurs activités et leurs habitudes. Sur place, le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo, accompagné de ses équipes, est allé mesurer les effets du dispositif. Pour lui, le retour des populations démontre que des solutions peuvent être trouvées pour permettre aux communautés rurales de développer leurs activités sans être constamment exposées aux incursions de la faune. « C’est bien la preuve que la stratégie mis en place pour accompagner nos populations rurales à aller vers les activités génératrices des revenus peut marcher », s’est félicité le ministre.

Trois exploitations agricoles sont aujourd’hui installées sur quelque 40 hectares sécurisés. Une situation difficilement imaginable quelques années plus tôt, lorsque la menace des éléphants avait contraint les habitants à abandonner le village. « Sans les barrières, on ne devait pas revenir. Il y aurait sans doute eu des morts », a témoigné un villageois. Les éléphants continuent certes de circuler dans les environs. Mais, protégés par les clôtures, les habitants peuvent désormais cultiver leurs terres avec davantage de sérénité. « Nous leur avons redonné espoir », a commenté Maurice Ntossui Allogo, qui rappelle que l’objectif était précisément de permettre aux populations de retourner chez elles tout en sécurisant leurs cultures et leurs moyens de subsistance.

L’expérience de Lata est issue d’un partenariat entre le gouvernement gabonais, le Fonds pour les forêts d’Afrique centrale (Cafi), la Wildlife Conservation Society (WCS), Space for Giants et plusieurs ONG locales. Pour le ministre, le pari est désormais de faire de Lata un village-témoin. « C’est l’exemple ici que ça peut marcher », a-t-il estimé. Après huit années d’abandon, Lata l’un des villages que les éléphants avaient vidé au Gabon, pourrait ainsi devenir bien plus qu’un village revenu à la vie : un modèle reproductible pour les communautés gabonaises confrontées au conflit homme-éléphant. Une illustration concrète d’une coexistence qui semblait autrefois impossible : protéger les populations et leurs moyens de subsistance tout en maintenant les éléphants dans leur habitat naturel.

 
GR
 

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