Conseil des ministres : Port-Gentil, le budget 2027 et la fin des largesses fiscales
Réuni le 18 septembre à Port-Gentil, le Conseil des ministres a placé la relance de la capitale économique au premier plan. Mais il a surtout posé les jalons du budget 2027, durci le cadre des exonérations fiscales et adopté une série de réformes touchant aux transports, à l’éducation, aux collectivités locales et à la souveraineté économique. L’essentiel du communiqué final en français facile.

C’est au Palais présidentiel de Port-Gentil que le Conseil des ministres a annoncé un effort prévisionnel de 30 milliards de FCFA pour l’Ogooué-Maritime. © GabonReview (capture d’écran)
Port-Gentil devait être le décor ; elle est devenue le sujet. Réuni pour la première fois dans la capitale économique, le Conseil des ministres a consacré une large part de ses travaux aux difficultés de l’Ogooué-Maritime : chômage des jeunes, entreprises fragilisées, recul de l’attractivité urbaine, insuffisance des services d’eau et d’électricité.
Le gouvernement annonce un effort de 30 milliards de FCFA pour l’Ogooué-Maritime. L’État doit apporter 7 milliards de FCFA. Perenco doit mobiliser 11 milliards sur cinq ans et TotalEnergies 12 milliards. Cet argent doit servir à rénover les routes de la ville, construire des marchés, améliorer les centres de santé, construire des logements et des bâtiments administratifs, réhabiliter la Foire de Port-Gentil et bâtir l’université Pierre-Louis Agondjo Okawé.
Deux centrales thermiques doivent aussi fournir 50 mégawatts supplémentaires dans les prochains mois. Une nouvelle station de pompage et de traitement de l’eau est annoncée pour mieux alimenter Port-Gentil. Selon le gouvernement, les travaux pourraient créer environ 7 000 emplois directs et indirects. Des jeunes doivent être formés à la conduite d’engins de chantier avec l’appui du Génie militaire.
Des mesures pour les entreprises
Le président de la République a demandé une meilleure protection des entreprises face à certaines procédures fiscales et judiciaires.
Désormais, avant de bloquer le compte bancaire d’une entreprise pour récupérer une dette fiscale, l’administration devra d’abord la prévenir. Le blocage devra concerner seulement le montant réellement dû. Il devra être levé rapidement si l’entreprise trouve un accord de paiement avec l’administration.
Le gouvernement doit aussi proposer des mesures pour éviter que des saisies judiciaires ne mettent une entreprise en difficulté avant la fin de ses recours. Il annonce également un assouplissement temporaire pour le recrutement de certains cadres et techniciens étrangers. Cela ne concernera que les métiers où les compétences gabonaises manquent. Les entreprises devront former des travailleurs gabonais.
Le budget 2027 et les exonérations
Le Conseil a adopté le projet de budget 2027, qui s’élève à 6 223,1 milliards de FCFA. Le gouvernement prévoit une croissance économique de 4,5 % en 2027.
Mais la dette reste un poids important. Les intérêts et autres charges de la dette devraient atteindre 667,3 milliards de FCFA, contre 487,6 milliards prévus dans le budget rectifié de 2026.
Le gouvernement veut aussi réduire les avantages fiscaux accordés aux entreprises. Certaines exonérations seront limitées. La TVA ne pourra pas descendre sous 5 %. Pour les autres impôts, les entreprises devront payer au moins 25 % du montant normal, sauf exceptions prévues par la loi. Les avantages accordés devront aussi être justifiés par de vraies contreparties.
Le Conseil a enfin adopté plusieurs autres textes : la création de la Compagnie nationale de transport, née de la fusion de Sogatra et Transurb ; l’encadrement de la prime d’éloignement des enseignants ; l’interdiction d’exporter l’iboga et ses dérivés ; ainsi que la création d’un Théâtre national.
















0 commentaire
Be the first one to leave a comment.