Cybercriminalité : le Gabon renforce sa coopération avec Interpol et récupère 55 milliards de FCFA
Dans le cadre de sa lutte contre la cybercriminalité, le Gabon a participé activement à l’opération internationale Serengeti 2.0, coordonnée par Interpol entre juin et août 2025. Cette vaste campagne, menée dans 18 pays africains et soutenue par le Royaume-Uni, a permis l’arrestation de 1 209 suspects et la récupération de près de 97,4 millions de dollars, soit environ 55 milliards de FCFA.

En Angola, 60 ressortissants chinois validaient illégalement des transactions blockchain pour générer des cryptomonnaies. © Interpol
L’opération Serengeti 2.0, deuxième du nom après une première édition en 2024, s’inscrit dans le cadre de l’Initiative conjointe africaine contre la cybercriminalité (AFJOC). Elle a ciblé des activités criminelles variées : rançongiciels, compromission de courriels professionnels (BEC), escroqueries en ligne, et minage illégal de cryptomonnaies. Au total, plus de 11 400 infrastructures malveillantes ont été démantelées et près de 88 000 victimes identifiées à travers le continent. Le Gabon y a pris une part active entre juin et août 2025.
Bien que ne figurant pas parmi les pays ayant enregistré les plus grandes saisies ou arrestations, la participation du Gabon témoigne d’une volonté affirmée de ses autorités de renforcer la coopération régionale et de protéger les citoyens face à la recrudescence des menaces numériques. Selon le site d’information Directinfosgabon.com, cette implication s’inscrit dans une stratégie plus large visant à consolider la cyber-résilience nationale.
Vers un cadre juridique et technique renforcé

Un des 25 centres d’extraction de cryptomonnaie démantelés. © Interpol
Le véritable défi pour le Gabon reste désormais la mise en place d’un arsenal législatif et technique robuste. À l’heure où les cyberattaques deviennent de plus en plus sophistiquées, le pays doit accélérer l’adoption de lois spécifiques, renforcer les capacités de ses forces de sécurité, et investir dans la formation des enquêteurs spécialisés. Interpol souligne d’ailleurs que chaque opération de ce type permet de développer les compétences locales et d’améliorer le partage d’informations entre États membres.
Valdecy Urquiza, Secrétaire général adjoint d’Interpol, qui a salué l’opération, estime d’ailleurs que «chaque opération coordonnée par Interpol approfondit la coopération, accroît le partage d’informations et développe les compétences d’enquête au sein des pays membres».
Pour beaucoup, le succès de cette opération depuis l’an dernier est un signal fort pour l’Afrique. L’opération Serengeti 2.0 marque en effet un tournant dans la lutte contre la cybercriminalité sur le continent. Elle démontre que, face à une menace transnationale, seule une réponse coordonnée et multisectorielle peut produire des résultats tangibles. Pour le Gabon, cette mobilisation est un signal fort : celui d’un État prêt à s’aligner sur les standards internationaux de sécurité numérique.
Le pays ayant participé à l’opération : Angola, Bénin, Cameroun, Tchad, Côte d’Ivoire, République démocratique du Congo, Gabon, Ghana, Kenya, Maurice, Nigéria, Rwanda, Sénégal, Afrique du Sud, Seychelles, Tanzanie, Royaume-Uni, Zambie et Zimbabwe.
Thécia Nyomba (Stagiaire)













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