Droits des détenus : SOS Prisonniers Gabon lance sa campagne de plaidoyer pour une réforme du système carcéral
Réuni le 8 juillet dernier à Libreville, SOS Prisonniers Gabon a officiellement lancé sa campagne de plaidoyer en faveur de l’amélioration des conditions de détention et du respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté. Portée par le projet « Dignité en détention », cette initiative entend promouvoir un dialogue constructif avec les pouvoirs publics autour de réformes jugées nécessaires au sein du système pénitentiaire gabonais.

Photo de famille à l’issue de l’atelier avec les différents participants et partenaires. © D.R.

Des membres de SOS Prisonniers Gabon, dont le premier responsable, Lionel Ella Engonga (à droite). © D.R.
SOS Prisonniers Gabon a donné, le 8 juillet, le coup d’envoi de sa campagne de plaidoyer en faveur des droits des personnes détenues au Gabon. Organisé à son siège, à Libreville, l’atelier a notamment permis de présenter une note de position élaborée à l’issue de plusieurs mois de consultations associant organisations de la société civile, institutions publiques et experts juridiques.
Inscrite dans le cadre du projet « Dignité en détention », conduit avec l’association Agir Ensemble pour les Droits Humains et financé par la délégation de l’Union européenne au Gabon, cette démarche vise à contribuer à l’amélioration durable des conditions carcérales et à renforcer l’effectivité des droits fondamentaux en milieu pénitentiaire.
« La privation de liberté ne doit pas entraîner une privation de dignité », ont rappelé les organisateurs, pour qui la protection des droits des détenus constitue un levier essentiel du renforcement de l’État de droit.
Un plaidoyer axé sur des réformes concrètes

Cécile Abadie, ambassadrice de l’Union européenne au Gabon, lors de son intervention. © D.R.
Au cœur des échanges figurent plusieurs recommandations destinées à corriger certaines insuffisances du système pénitentiaire gabonais. Parmi les priorités immédiates figurent le rétablissement effectif du droit de visite, la limitation du recours à la détention préventive ainsi que l’identification des cas de détention abusive.
À moyen terme, SOS Prisonniers Gabon plaide notamment pour l’application effective des peines alternatives prévues par la loi, l’institutionnalisation d’un juge d’application des peines et la tenue régulière des sessions criminelles afin de garantir aux justiciables des délais raisonnables de jugement.
« Le plaidoyer porté par SOS Prisonniers Gabon vise à favoriser le dialogue, proposer des solutions et accompagner les réformes nécessaires », souligne la note de position présentée au cours de l’atelier.
Les promoteurs du projet insistent également sur la nécessité de réduire la surpopulation carcérale en limitant les placements abusifs en détention préventive et en développant davantage les mesures alternatives à l’incarcération.
Renforcer la coopération entre société civile et institutions

Un moment de l’atelier. © D.R.
Au-delà des recommandations formulées, l’atelier visait à mobiliser les différents acteurs engagés sur les questions de justice et de droits humains autour d’une démarche collective. Les organisateurs affirment que leur action ne s’inscrit pas dans une logique de confrontation avec les institutions, mais dans une volonté de coopération durable en faveur d’une meilleure protection des droits fondamentaux.
Selon les responsables du projet, cette collaboration entre la société civile et les autorités publiques doit permettre d’accompagner les évolutions nécessaires du système pénitentiaire gabonais tout en renforçant les perspectives de réinsertion des personnes détenues.
À plus long terme, la plateforme de plaidoyer recommande notamment la digitalisation de la gestion des dossiers judiciaires, l’adoption d’une politique pénale moins centrée sur l’incarcération et la construction d’établissements conformes aux standards internationaux.















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