Secteur privé : Pourquoi le Gabon peine-t-il à faire émerger ses entrepreneurs ?
Le gouvernement, avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le financement de la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), lance une étude de trois mois dans les neuf provinces du Gabon. Objectif : identifier les freins à l’initiative entrepreneuriale et proposer des leviers pour dynamiser le tissu économique national.

Le vice-président du gouvernement et la Représentante du PNUD au Gabon, entre autres participants à la rencontre. © Com. VPG
Comment expliquer la faiblesse du tissu entrepreneurial gabonais malgré les efforts des pouvoirs publics et des entreprises ? C’est à cette question que devra répondre une étude annoncée le 21 octobre 2026, à l’issue d’une séance de travail présidée par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault. Financée par la Comilog et conduite avec l’accompagnement du PNUD, cette enquête entend cerner les déterminants économiques, sociologiques, psychologiques et écologiques qui entravent le développement des entreprises au Gabon.
Selon le représentant d’Eramet au Gabon, André Massard, les travaux débuteront la semaine prochaine et s’étendront sur trois mois. Ils concerneront les neuf provinces, avec un échantillon compris entre 2 500 et 3 000 personnes, réparties dans cinq pôles définis par le PNUD et les cabinets associés.
Une enquête à l’échelle nationale

Une scène de la rencontre. © Com. VPG
L’étude ambitionne de dépasser le simple constat pour identifier les causes profondes du manque de dynamisme entrepreneurial et dégager des pistes d’action. « À la fin de cette étude [il faudra comprendre] pourquoi cette situation, comment y remédier et avoir des éléments qui peuvent permettre d’arriver à un changement d’état d’esprit de la part de nos patriotes », a expliqué André Massard.
La démarche devra notamment comparer les réalités territoriales, en intégrant aussi bien les grands centres économiques que les localités disposant de peu d’activités. Libreville, Port-Gentil et Moanda figurent parmi les zones d’intérêt, sans exclure les territoires moins favorisés.
Au-delà des villes pétrolières et minières
Hermann Immongault a insisté sur la nécessité de construire un échantillon représentatif des différentes configurations économiques du pays. « Il ne faut pas se concentrer sur les villes pétrolières ou minières. Il faut aussi aller à l’autre bout de la chaîne, voir les villes qui n’ont quasiment pas d’activité », a-t-il recommandé.
Le vice-président du gouvernement souhaite également intégrer la démographie et la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) à l’analyse, afin d’évaluer leur influence sur les comportements entrepreneuriaux et les disparités locales.
À terme, les conclusions de cette étude devront éclairer les politiques publiques destinées à favoriser l’émergence d’un secteur privé plus dynamique, diversifier l’économie et soutenir la création d’emplois. Reste à transformer les enseignements de cette enquête en mesures concrètes pour lever les obstacles à l’initiative entrepreneuriale.
















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