Fiscalité, TVA, marchés publics : le HCI présente son ordonnance pour réformer le climat des affaires au Gabon
En remettant, ce lundi 22 juin 2026, au gouvernement le rapport général des travaux du Haut Conseil pour l’investissement (HCI), les représentants de l’État et du secteur privé ont fixé les priorités d’une réforme ambitieuse de l’environnement des affaires. De la fiscalité aux marchés publics, en passant par la gouvernance et la logistique, les recommandations contenues dans le rapport remis au vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, visent à créer un cadre plus attractif pour les investisseurs et à permettre au secteur privé de porter les deux tiers du financement du Plan national de croissance et de développement (PNCD).

Le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, le ministre délégué au Budget, Marc Abeghe (à gauche), et le président de la FEG, Alain-Claude Kouakoua, le 22 juin 2026, à Libreville. © Communication VPG
Le gouvernement dispose désormais d’une feuille de route issue de la relance du Haut Conseil pour l’investissement (HCI). Le rapport général des travaux, remis ce lundi 22 juin au vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, par le ministre délégué au Budget, Marc Abeghe, et le président de la Fédération des entreprises du Gabon (FEG), Alain-Claude Kouakoua, rassemble les principales recommandations formulées par les acteurs publics et privés pour améliorer durablement le climat des affaires.
Fruit des concertations engagées depuis l’ouverture des assises, le 4 juin dernier au palais des Congrès Omar-Bongo-Ondimba à Libreville, ce document est appelé à servir de référence pour l’élaboration de futurs textes législatifs et réglementaires. L’objectif affiché est de traduire rapidement les propositions en réformes concrètes afin de renforcer l’attractivité économique du Gabon.
Cette ambition répond à un enjeu majeur : permettre au secteur privé de financer près de 18 000 milliards de francs CFA, soit environ les deux tiers des 26 000 milliards nécessaires à la mise en œuvre du Plan national de croissance et de développement (PNCD).
Des réformes ciblant les principaux blocages
Selon les conclusions des groupes de travail, auxquels ont pris part plus de 1 100 participants, plusieurs mesures sont jugées prioritaires. Les participants recommandent notamment l’accélération de la promulgation du nouveau Code des investissements, la création de brigades mixtes de contrôle afin de réduire les tracasseries administratives, ainsi que l’ouverture et le fonctionnement en continu des corridors portuaires et aéroportuaires.
Les discussions ont également mis en avant la nécessité de renforcer la gouvernance publique. Les recommandations prévoient notamment le recrutement des dirigeants des établissements publics par appel à candidatures, la sécurisation du financement de la CNAMGS, le plafonnement du coût du BIETC et la mise en œuvre d’un plan d’urgence d’apurement des crédits de TVA afin de restaurer la trésorerie des entreprises.
Faire émerger des champions nationaux
Le soutien aux entreprises gabonaises constitue un autre axe fort du rapport. Les participants proposent de relever de 150 à 500 millions de francs CFA le seuil des marchés publics réservés aux entreprises locales, d’imposer un quota de 30 % de sous-traitance en leur faveur et de déployer sans délai le statut de l’entreprenant afin d’accélérer la formalisation de l’économie.
Pour le gouvernement, ces propositions ne doivent pas rester au stade des intentions. « Chaque engagement souscrit dans le cadre de cette feuille de route fera l’objet d’une évaluation régulière, adossée à des indicateurs de performance précis », a assuré Hermann Immongault, annonçant que le rapport sera examiné lors d’un prochain Conseil interministériel.
Le vice-président du Gouvernement a, par ailleurs, appelé à pérenniser cette dynamique de concertation en dehors de Libreville. « Ce dialogue public-privé que nous venons de relancer avec succès à Libreville doit impérativement être dupliqué à l’intérieur du pays », a-t-il déclaré. L’ambition, a-t-il expliqué, est d’installer un cadre permanent d’échanges entre les opérateurs économiques, les gouvernorats et les collectivités locales afin que les réformes engagées produisent leurs effets sur l’ensemble du territoire.
Au-delà des recommandations formulées, la réussite de cette relance du HCI dépendra désormais de la capacité des pouvoirs publics à transformer rapidement ces engagements en décisions opérationnelles, condition jugée essentielle par les opérateurs économiques pour restaurer durablement la confiance des investisseurs.















2 Commentaires
thanks for this
thanks for this information