Forêt-bois : le ministère décore les membres de la Taskforce présidentielle
Le ministère des Eaux et Forêts a décerné sa médaille d’honneur à plusieurs membres de la Taskforce présidentielle pour leur contribution à l’assainissement de la filière forêt-bois. Audit de 78 entreprises, régularisation des concessions, contrôle des taxes et renforcement des capacités de l’administration : le département ministériel salue une assistance jugée décisive.

Le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo, remet une médaille d’honneur à une membre de la Taskforce présidentielle, en reconnaissance de sa contribution à l’assainissement de la filière forêt-bois. © D.R.
Le ministère des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat, chargé du Conflit homme-faune, a choisi de transformer des résultats administratifs en reconnaissance officielle. Le 14 septembre à Libreville, Maurice Ntossui Allogo a remis des médailles d’honneur des Eaux et Forêts à des membres de la Taskforce de la Présidence de la République, mobilisés dans l’opération d’assainissement de la filière forêt-bois.

Les médailles d’honneur des Eaux et Forêts, y compris pour les absents, et les récipiendaires réunis autour du ministre Maurice Ntossui Allogo, au terme de la cérémonie consacrant la contribution de la Taskforce présidentielle à l’assainissement de la filière forêt-bois. © D.R.
Le geste est suffisamment rare pour être relevé. Le département ministériel distingue publiquement les agents de cette structure pour l’appui apporté à ses missions de contrôle. Une reconnaissance institutionnelle qui intervient dans un secteur longtemps exposé aux irrégularités administratives, aux discordances cadastrales et aux difficultés de recouvrement des taxes dues à l’État.
Selon le communiqué du ministère, 78 entreprises forestières ont déjà été auditées. Les vérifications portent sur leur situation administrative et fiscale, mais également sur le respect de leurs obligations sociales, internes et externes. «Cette opération, conduite actuellement, se révèle, au vu des premiers résultats, être un véritable levier stratégique sans précédent», a déclaré Maurice Ntossui Allogo.
Des concessions remises sous contrôle
Au-delà des distinctions, le ministère dresse un inventaire substantiel des résultats obtenus. L’intervention de la Taskforce aurait notamment permis la délivrance des premiers décrets relatifs aux concessions forestières sous aménagement durable. Attendus, selon le communiqué, depuis vingt ans, ces textes doivent renforcer la traçabilité du bois transformé au Gabon et faciliter son accès aux marchés européens et américains.
Les opérations ont également porté sur la concordance entre les données du Système d’information géographique et les limites réelles des concessions. Ce recalage cartographique n’est pas uniquement technique : la superficie effectivement exploitée détermine le montant de la taxe due par chaque opérateur. La remise à plat des périmètres devrait donc limiter les déclarations approximatives et sécuriser les recettes publiques.
Le Fonds de développement local, alimenté par une contribution de 800 francs CFA par mètre cube de bois exploité, figure également parmi les mécanismes examinés. Ces ressources sont censées financer, au bénéfice des communautés rurales, des projets d’éducation, de santé, d’accès à l’eau, de voirie ou des activités génératrices de revenus.
Une source directement concernée par l’opération affirme que le travail de la Taskforce aurait permis de récupérer plus de 69 milliards de francs CFA de taxes impayées auprès de plusieurs sociétés forestières. Ce montant, qui ne figure toutefois pas dans le communiqué ministériel, devra être confirmé par des documents précisant les entreprises concernées, les périodes couvertes et les sommes effectivement encaissées par le Trésor.
Une assistance désormais reconnue
La Taskforce a parallèlement contribué à l’acquisition de véhicules, au soutien des personnels en formation et à la conclusion d’un premier partenariat public-privé. Celui-ci doit permettre, sur dix ans, la construction de bureaux administratifs et de logements destinés aux services déconcentrés des Eaux et Forêts.
En décorant les agents engagés dans cette opération, le ministère reconnaît surtout l’utilité d’une assistance extérieure à ses services pour rétablir des contrôles plus stricts dans la filière. Lorsque les vérifications sortent des dossiers pour atteindre les concessions, la fiscalité et les obligations sociales des exploitants, l’assainissement forestier cesse d’être une déclaration d’intention.
Reste désormais à publier les résultats consolidés de l’audit, notamment les montants établis, recouvrés ou encore contestés. Ce niveau de transparence permettrait de mesurer précisément l’efficacité de l’opération et de distinguer les recettes réellement encaissées des créances simplement identifiées.















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