Formol sur les aliments : le danger sanitaire qui passe la frontière camerounaise
Il fait mûrir la banane en une nuit, donne au poisson une fraîcheur trompeuse, et il est classé cancérogène. Il y a que le formol est utilisé illégalement par certains commerçants au Cameroun, premier fournisseur des marchés populaires gabonais en produits frais. Une pratique reconnue et combattue chez le voisin, qui pose au Gabon une question de santé publique aussi simple que redoutable ; ce poison s’arrête-t-il vraiment à la frontière ?

Le formol ne se voit pas, ne se sent pas : sur ce marché, l’œil ne peut trahir aucune fraude (photo d’illustration). © camerounweb.com
Sur les étals de Libreville, la banane plantain bien jaune, les fruits sans défaut, viennent en grande partie du Cameroun. Derrière cette abondance rassurante peut se cacher une fraude que peu de consommateurs soupçonnent, et que les autorités du pays voisin dénoncent pourtant ouvertement.
Le sujet n’a rien d’un fantasme. Il a déjà conduit, par le passé, l’agence gabonaise compétente à réagir aux frontières. Reste à savoir si la vigilance d’alors tient toujours.
Une pratique reconnue, et condamnée, au Cameroun

Marché-Banane du PK8, 2019 : les services municipaux réquisitionnent une cargaison suspecte, six ans avant que la question du mûrissement chimique ne resurgisse. © GabonReview
Au Cameroun, l’usage du formol sur les denrées alimentaires est documenté de longue date et décrit comme un phénomène devenu courant sur certains marchés. Des commerçants peu scrupuleux en aspergent fruits et légumes pour accélérer le mûrissement, ou en imprègnent viandes et poissons pour prolonger leur conservation. La pratique viserait notamment la banane plantain, les fruits, les légumes, la viande et le poisson, soit l’essentiel des produits que le Gabon importe de son voisin.
Loin d’être tue, cette dérive est combattue par les autorités camerounaises elles-mêmes. Sous-préfets, ministère du Commerce et ministère de l’Agriculture ont multiplié alertes et opérations, tandis que la douane saisissait des milliers de litres de formaldéhyde, le plus souvent introduits en contrebande. Le phénomène résiste néanmoins, des cargaisons de plantains artificiellement mûris au formol ayant encore été interceptées récemment. C’est dire la ténacité d’une fraude que la seule répression ne suffit pas à éteindre.
Un poison qui ne dit pas son nom
Le formol, ou formaldéhyde, n’a rien d’un additif anodin : il est classé cancérogène par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). À forte exposition, il est notamment associé chez l’Homme à des irritations oculaires et respiratoires, ainsi qu’à des cancers du nasopharynx. Son ingestion répétée par l’alimentation exposerait en outre à divers troubles, des atteintes digestives aux pathologies rénales, selon les travaux cités par les autorités sanitaires de la sous-région.
Le danger tient aussi à son invisibilité. Un fruit traité paraît plus beau, une viande mieux conservée, sans qu’aucun signe apparent ne trahisse la présence du produit. Seuls des tests dédiés permettent de le détecter, ce qui place le consommateur dans l’incapacité de se protéger par lui-même. D’où la responsabilité, entière, des dispositifs publics de contrôle.
Le Gabon en première ligne, mais sous quelle garde ?
Le Gabon n’a pas découvert le problème hier. Dès septembre 2019, l’Inspection générale municipale de Libreville saisissait au marché du PK8, le bien nommé Marché-Banane, une cargaison de bananes traitées chimiquement pour forcer leur mûrissement. Le mode opératoire, décrit alors par les services municipaux, était limpide : achetées vertes au Cameroun, les bananes étaient aspergées sur place d’un produit localement surnommé «versé-versé», puis recouvertes d’une bâche pour mûrir en accéléré. Quatre commerçantes avaient été interpellées.
Fait notable, la substance n’avait jamais été formellement identifiée, son analyse ayant été renvoyée à l’ Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA), et le verdict sur sa nocivité n’a, à notre connaissance, jamais été rendu public. Quatre ans plus tard, en 2023, c’est l’agence elle-même qui montait au créneau, annonçant un plan de surveillance ciblé sur la banane plantain et l’ananas, avec kits de détection du formol aux frontières et dans les marchés de la capitale. Deux alertes, deux dispositifs, à quatre ans d’intervalle, sur le même produit et le même corridor.
La vraie question, dès lors, est celle de la constance. Ces contrôles sont-ils encore menés aujourd’hui avec la même énergie, ou retombent-ils sitôt l’émotion passée ? Le durcissement général annoncé par l’AGASA en 2026 laisse penser que la menace n’a pas été levée. Tant qu’aucun bilan public et chiffré ne viendra établir ce qui est réellement testé, refoulé ou détruit, le doute persistera, et avec lui un angle mort que les ministères de la Santé et de l’Agriculture ne peuvent se permettre. Car sur un tel dossier, l’intermittence du contrôle se paie au prix fort.















1 Commentaire
Il est clair que l’espace géographique désigné Gabon est considéré depuis belle lurette tel un « marché à ciel ouvert » ou n’importe quel quidam sorti hors des frontières dudit espace vient se faire sans coup férir du CFA.
Tenez, un blanc bec venu tout droit d’écosse et auto revendiqué dans « l’ère de la croisière s’amuse » être originaire des bords de l’ivindo, promu ministron chargé de « l’affectation des terres », proclamera avec beaucoup d’audace, afin de protéger ses chers éléphants destinés aux tourismes princiers, que l’agriculture a vocation à être proscrite car pour lui le Gabon devrait importer tout ce qui y est consommé…toute chose qui ouvre droit à l’aboutissement d’énormités en ce qu’il y’a moins de 20 ans par exemple et de mémoire, le manioc dit obamba était préparé et vendu nulle part ailleurs en dehors du haut ogooue, qu’en fief obamba sis à Libreville au lieu-dit pont d’akebe, le manioc d’agnizok, quartier Essandon niché à Bitam, préparé et vendu par les seules natives d’agnizok…
Aujourd’hui ces produits originellement bien de chez nous sont désormais vendus par nos sœurs de l’autre côté du ntem et de l’Afrique de l’ouest, la saveur que l’on a connu en son temps en dégustant ces produits ayant bel et bien foutu le camp à grande vitesse, et ces maniocs dont les vendeuses actuelles exhibent leurs appellations d’origines, à labelliser, seraient plutôt proches des poisons à feu doux, en fonction de la capacité de résilience des individus qui les consomment
La consommation de banane, de tubercule et autres fruits écoulés par ces filières, suscite chez certains usagers des démangeaisons et certains formes d’urticaire, des pathologies inconnues il y’a encore moins de vingt ans du simple fait de leur consommation, désormais devenues légion.
Dès lors, dans un contexte où Nguema Mwane Bizima encourage l’accélération des échanges avec les pays riverains, parallèlement à l’autre challenge à piloter concomitamment, celui d’une souveraineté recouvrée dans les secteurs agricoles pour une autosuffisance alimentaires.
Sous réserve des réflexions en cours et sans doute des séminaires appelés à être organisés sur ces thématiques et problématiques corrélées, les officines nationales engagées dans les volets contrôles, sécurité et protection des consommateurs ont du pain sur la planche et la, la, la, la, il ne s’agit nullement de créer des possibilités de se faire des perdiems comme on s’y complaît.
Je fais volontairement une incursion, sur un autre volet, et revenir pour conclure, pour rappeler qu’en 2017, le compatriote Zibi Abeghe alors député à l’Assemblée nationale, attirait l’attention de ses collègues sur les ravages prévisibles auxquels nos enfants broyés par l’indifférence des autorités de l’époque (suppression de bourse, car vivant au dessus de leurs moyens….entre autres) étaient exposés, abandonnés à eux mêmes et réduits à leurs corps défendants d’immatures de construire leurs destins en consommant des kobolos.
10 ans plus tard, ces enfants là, nos enfants abîmés par un management d’une inconscience innommable, sont devenus des zombies, inféodés entre rapines et agressions à l’arme blanche pour se faire du cfa afin de s’offrir des doses de stomadol…
Le même type d’alerte couvre la filière alimentaire, d’abord parce que c’est l’épargne et les richesses nationales qui permettent d’importer ce qui est consommé sur le territoire national, qu’il est légitime de choisir, et par conséquent d’imposer le format de ce qui doit rentrer au titre de la consommation en garantissant avant toute chose par prévention la santé des usagers consommateurs car on ne veut pas d’usagers qui seraient exposés à la stérilité ou aux pathologies induites par les produits consommés par légèreté
L’AGASSA est particulièrement interpellée pour action sur les postes frontières, aux côtés du conseil gabonais des chargeurs, afin de mettre un terme et prévenir désormais l’entrée de produits contenant des substances potentiellement toxiques, tel le formol dont les doses ne sont nullement connues aussi bien des vendeurs eux mêmes et encore moins des consommateurs potentiels, interdiction d’ailleurs usitée par certains pays qui ont proscrit l’usage d’OGM dans les aliments pour nourrissons et bétails
La santé de demain se construit à partir des choix en toute lucidité que nous faisons aujourd’hui.
Bien patriotiquement