Nommé le 18 septembre dernier, le nouveau président du Conseil d’administration de Gab’Oil S.A. a officiellement pris ses fonctions le 26 octobre 2026. À l’issue d’une passation de charges marquée par le bilan de son prédécesseur et l’annonce d’une nouvelle orientation stratégique, Yves-Fernand Manfoumbi entend soumettre l’entreprise publique à une revue approfondie de 60 jours, préalable à un plan de redressement chiffré et mesurable.

Moment de la transmission symbolique des dossiers à Yves Fernand Manfoumbi par Juliette Corine Skitt épouse Lekouna. © GabonReview

 

La Société nationale de commercialisation des produits pétroliers (Gab’Oil S.A.) s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de son histoire. Le 26 octobre 2026, Yves-Fernand Manfoumbi a officiellement pris les commandes du Conseil d’administration (CA), succédant à Ruffin Martial Moussavou, après 22 mois passés à la tête de cette instance. Nommé lors du Conseil des ministres du 18 septembre dernier, le nouveau PCA affiche une ambition claire : sortir l’entreprise de la logique des sauvetages périodiques de l’État pour en faire un véritable levier de développement économique.

Avant de passer le relais, Ruffin Martial Moussavou a défendu le bilan de son mandat, qu’il présente comme une étape de redressement. À son arrivée, Gab’Oil faisait face à une crise financière et sociale majeure. Parmi les avancées revendiquées figurent le rétablissement de la régularité des conseils d’administration, la certification des états financiers de 2021 à 2023 et la tenue de la première assemblée générale. L’entrée de la Gabon Oil Company (GOC) au capital a également été formalisée, faisant de Gab’Oil sa filiale dédiée aux activités pétrolières en aval.

Le développement du réseau de stations-service, matérialisé par des inaugurations et des chantiers en cours sur le territoire national, constitue un autre acquis mis en avant par le PCA sortant. Des défis demeurent néanmoins, notamment dans les segments du gaz et des lubrifiants, ainsi que sur les plans de la stabilité sociale et de la pérennité financière.

«J’ai fait ma part. Aujourd’hui, une nouvelle page s’ouvre pour Gab’Oil avec l’entrée d’un nouveau PCA», a déclaré Ruffin Martial Moussavou, appelant son successeur à poursuivre la transformation de l’entreprise dans le respect des prérogatives de chaque organe : la définition de la stratégie pour le Conseil d’administration et la gestion opérationnelle pour la Direction générale.

Un diagnostic approfondi en 60 jours

Instantanés de la cérémonie. © GabonReview/D.R.

Pour Yves-Fernand Manfoumbi, la nouvelle étape ne saurait se limiter à la poursuite des actions engagées. Le nouveau PCA entend d’abord établir un état des lieux exhaustif de la société afin de disposer d’une vision précise de sa situation financière et opérationnelle. «Je proposerai au Conseil d’administration de lancer une revue à 360 degrés de Gab’Oil sur une période de 60 jours. C’est un exercice de bonne gouvernance que toute nouvelle mandature se doit de conduire», a-t-il annoncé.

Cette évaluation portera notamment sur les dettes, les stocks, la trésorerie et la rentabilité. L’objectif est de disposer de données fiables pour définir les mesures correctives nécessaires et fixer des objectifs assortis d’indicateurs de performance. La démarche repose sur quatre principes : «diagnostiquer, décider, exécuter et rendre compte».

À travers cette méthode, Yves-Fernand Manfoumbi ambitionne de faire évoluer Gab’Oil d’un distributeur de carburants vers une plateforme pétrolière intégrée, capable de maîtriser davantage la chaîne de valeur. Une orientation qui traduit sa volonté de faire de l’entreprise un acteur économiquement viable, plutôt qu’une structure dépendante des interventions récurrentes de l’État.

À l’issue des 60 jours, un conseil d’administration consacré au redressement devra examiner les conclusions de cette revue et arrêter une feuille de route chiffrée, assortie d’échéances précises et d’objectifs mesurables.

La gouvernance et la culture du résultat en ligne de mire

Présidant la cérémonie de passation des charges, la secrétaire générale du ministère du Pétrole et du Gaz, Juliette Corine Skitt épouse Lekouna, a salué le travail accompli par le PCA sortant tout en rappelant les exigences qui attendent la nouvelle équipe dirigeante. Elle a notamment insisté sur la pertinence des orientations stratégiques, le renforcement du contrôle interne, la gestion rigoureuse des ressources et l’instauration d’une véritable culture du résultat.

La représentante de la tutelle a également souligné la nécessité d’une collaboration étroite entre le Conseil d’administration et la Direction générale, dirigée par Éric Alain Sounda, sous la supervision du ministère. «La passation des charges ne saurait être réduite à une simple formalité administrative. Je formule le vœu […] qu’elle ouvre une nouvelle étape de consolidation et de performance pour Gabon Oil S.A.», a-t-elle indiqué.

Désormais, l’enjeu pour Yves-Fernand Manfoumbi sera de traduire cette volonté de rupture en résultats tangibles. Le diagnostic annoncé devra notamment permettre de mesurer l’ampleur des difficultés, de hiérarchiser les priorités et de déterminer les conditions d’un redressement durable. Pour Gab’Oil, la crédibilité de cette nouvelle gouvernance se jouera donc autant sur la transparence du diagnostic que sur la capacité à mettre en œuvre les décisions qui en découleront.

 
GR
 

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