SAEG : 90 jours pour sortir de la crise et relancer la machine agricole
Installé le 26 octobre 2026, Arnaud Kombila Mussavu dispose de 90 jours pour auditer et restructurer la Société d’agriculture et d’élevage du Gabon (SAEG). Cette prise de fonctions ouvre officiellement une période de transition destinée à rétablir le fonctionnement de l’entreprise, après une crise de gouvernance et de performance qui a fragilisé cette structure stratégique pour la souveraineté alimentaire du pays.

Les responsables entrant et sortant à l’issue de la cérémonie de passation des charges. © D.R.
La passation de charges de lundi entre Aubert Aimé Ndjila, directeur sortant, et Arnaud Kombila Mussavu marque le début effectif de l’administration provisoire de la SAEG. Présidée par Serge Rufin Okana, secrétaire général du ministère de l’Agriculture, cette cérémonie a permis de passer en revue les dossiers nécessaires à la continuité administrative de la société.
Cette installation intervient après le revirement institutionnel du 8 octobre. Faute de ratification, les ordonnances du 26 février 2026 qui prévoyaient la dissolution de la SAEG au profit de la Société agropastorale du Gabon (AGROPAG) sont devenues caduques. Le Conseil des ministres a donc décidé de replacer la SAEG au cœur du dispositif public, tout en la soumettant à une administration provisoire de 90 jours.
Cette décision fait suite à plusieurs mois de turbulences. Fin juillet, Raymond Ndong Sima, président du conseil d’administration (PCA) d’AGROPAG, avait annoncé son retrait, dénonçant des dysfonctionnements dans la gouvernance. Début août, le quotidien L’Union faisait état de salaires impayés, de difficultés de trésorerie, d’un cheptel fragilisé et d’un budget resté sans validation. Autant de difficultés qui ont compromis les ambitions initiales de cette réforme.
Sécuriser les actifs et restaurer la performance

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Durant les trois prochains mois, Arnaud Kombila Mussavu devra conduire un audit et une revue stratégique, sécuriser le patrimoine de l’État et identifier les conditions d’une relance durable. Le gouvernement a également instruit le règlement urgent d’un premier tiers des arriérés de salaires cumulés à la SAEG et à AGROPAG, le solde devant être apuré suivant un échéancier à convenir.
L’enjeu dépasse ainsi la seule réorganisation administrative. En février, le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, rappelait trois priorités : renforcer la souveraineté alimentaire, faire du système alimentaire un pilier de la croissance et accroître la création d’emplois dans les filières agricoles et d’élevage.
Alors que le Gabon entend réduire sa dépendance aux importations, notamment avec l’arrêt annoncé des importations de poulet de chair à compter du 1er janvier 2027, la SAEG est attendue sur sa capacité à soutenir concrètement la production nationale. Ces 90 jours devront donc produire davantage qu’un état des lieux : une gouvernance clarifiée, des actifs préservés et une stratégie opérationnelle crédible. Pour les autorités, la relance de la SAEG constitue un test de cohérence entre les ambitions de souveraineté alimentaire et les moyens institutionnels mobilisés pour les concrétiser.
















1 Commentaire
Ça c’est l’amateurisme professionnel… Même les gens d’Ali n’avaient pas le waze la… C’est la totale dans.le bricolage