Gabon An 66 : entre mémoire, ferveur populaire et puissance nationale
Quatre chefs d’État africains à ses côtés, une place rebaptisée en hommage à l’auteur de son hymne national : le Gabon a soufflé, le 17 août, ses 66 bougies avec un faste inédit. Placée sous le thème «Forces de défense et de sécurité dans la 5e République : défis, enjeux et perspectives», la cérémonie a rassemblé, à Libreville, une foule enthousiaste et plusieurs chefs d’État, dont Félix-Antoine Tshisekedi de la RDC, Adama Barrow de Gambie, Carlos Vila Nova de Sao Tomé-et-Principe et le général Horta Inta-A Na Man de Guinée-Bissau.

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema à bord du Command-Car, lors du défilé consacré au 17 août 2026, à Libreville. © D.R.
Sous un ciel aux couleurs nationales, les drapeaux vert-jaune-bleu ont magnifié une esplanade animée par les applaudissements, les chants et une ambiance populaire particulièrement chaleureuse.
Inauguration du monument de la Concorde, baptisé Georges Damas Aléka

Quelques moments de la cérémonie de la place de l’Indépendance. © D.R.
Avant la grande parade militaire, le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, accueilli par les ovations de la population, a reçu les honneurs militaires, avant l’exécution de l’hymne national. Le moment fort de cette première séquence a été l’inauguration du monument de la Concorde, baptisé Georges Damas Aléka, en hommage à l’auteur et compositeur de l’hymne national. Après la coupure du ruban symbolique, le chef de l’État, entouré de ses hôtes de marque et des proches de l’illustre personnalité disparue, a procédé au dépôt d’une gerbe de fleurs et à la distinction posthume de Georges Damas Aléka comme «compagnon de la liberté» au grade de Commandeur.
Pensé comme un véritable lieu de mémoire, l’édifice abrite notamment un musée consacré à l’illustre disparu et neuf pavillons dédiés aux provinces du Gabon. Son fils, Claude Damas Aléka, a souhaité, lors de son propos, que ce site «devienne le cœur vivant du pays et insuffle un esprit de fraternité à l’ensemble de la population, de la côte jusqu’à l’intérieur des terres».
Un défilé entre tradition et démonstration de force
La deuxième partie de la cérémonie a fait vibrer la place de l’Indépendance au rythme des tambours, des musiques militaires, des fanfares et des ovations du public. Les enfants de troupe des Prytanées militaires de dix pays africains ont ouvert le défilé, avant le passage cadencé des Forces armées gabonaises, de la Gendarmerie nationale, de la Police nationale (FPN), de la Garde républicaine (GR), des forces spéciales, des Sapeurs-pompiers, des Douanes, des Ecogardes, du Génie militaire et de la Santé militaire.
Par la suite, dans un impressionnant ballet motorisé, motos, véhicules légers et lourds, engins de combat et équipements spécialisés ont ensuite défilé devant la tribune officielle, donnant à cette célébration une forte dimension de puissance et de modernité. Une façon pour le Gabon de démontrer qu’«il peut bien se défendre en cas d’agression», a commenté un quidam. «On voit qu’avec Oligui Nguema, notre puissance de feu a beaucoup évolué au regard des engins qui défilent devant nous aujourd’hui», a ajouté un autre spectateur.
Mémoire, lumière, couleurs et démonstration de force
Outre le cérémonial militaire, cette 66e fête de l’Indépendance s’est également voulue populaire et culturelle. Les couleurs du Gabon étaient omniprésentes. Elles étaient, pour l’essentiel, montées sur les mâts, portées par de nombreux spectateurs qui brandissaient également des drapelets. «C’est un moment de reconnaissance à nous-mêmes, Gabonais. On est fier d’être Gabonais et pour le manifester, on brandit comme vous le voyez, notre drapeau», a indiqué un quidam abordé sur les lieux du défilé.
Dans le même temps, les petits commerces installés autour du site ont contribué à l’animation de la journée, proposant aux participants à cet événement d’étancher, qui la soif, la faim et peut-être même de ramener à la maison, un petit souvenir. «Pour ce genre de moment, il faut toujours saisir l’opportunité. J’ai un travail, mais comme je sais que les gens viennent quasiment passer la journée ici, j’ai fait des sandwiches et je propose aussi des boissons, des bonbons, etc. En retour, je me fais un revenu en plus», s’est réjouie une commerçante de circonstance.
La visite de la foire consacrée aux produits «Made in Gabon» est venue prolonger cette célébration tournée vers l’identité et le savoir-faire national. Entre mémoire, lumière sur ses valeureuses personnalités, couleurs et démonstration de force, le Gabon a ainsi marqué son 66e anniversaire en mettant en avant à la fois son histoire, sa diversité et les ambitions de la 5e République.















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