Gabon Connect : la protection des données personnelles au cœur du virage numérique
La digitalisation des services publics gabonais ne saurait se faire au détriment de la vie privée des usagers. C’est dans cette perspective que Michel Tsamba, directeur du projet Gabon Connect, a échangé, le 27 octobre 2026, avec Joël Dominique Ledaga, président de l’Autorité pour la protection des données personnelles et de la vie privée (APDPVP). Au-delà de la simplification administrative, l’enjeu est de garantir un traitement des informations personnelles conforme aux exigences légales.

Joël Dominique Ledaga, président de l’APDPVP, échangeant avec les promoteurs de Gabon Connect, le 27 octobre 2026. © GabonReview
La transformation numérique de l’administration gabonaise passe aussi par la sécurisation des données des citoyens et des entreprises. Présentée le 22 octobre dernier à Libreville par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, la plateforme Gabon Connect ambitionne de centraliser et de dématérialiser plusieurs procédures relevant notamment des impôts, des douanes, du foncier et des caisses de sécurité sociale. Mais cette évolution implique la collecte et le traitement d’informations parfois sensibles, qui nécessitent un encadrement rigoureux.
C’est tout l’enjeu de la rencontre entre le secrétaire général du ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la lutte contre la vie chère, Michel Tsamba, et le président de l’APDPVP, Joël Dominique Ledaga ce mardi 27 octobre 2026. Pour le directeur du projet, il était essentiel de consulter l’institution chargée de veiller à la protection des données personnelles afin de s’assurer que Gabon Connect respecte les lois et règlements en vigueur.
«Il fallait partager avec ceux qui protègent nos données personnelles, qui savent exactement ce qu’il faut faire, ce qu’il ne faut pas faire avec ces données, comment il faut les collecter, comment doit-on les traiter», a expliqué Michel Tsamba. Cette démarche vise à associer l’autorité de régulation à la mise en œuvre du dispositif numérique, notamment sur les modalités de collecte et de traitement des informations.
L’APDPVP, un garde-fou face aux risques numériques
La mission de l’APDPVP consiste notamment à veiller à ce que les organismes qui collectent des données à caractère personnel en République gabonaise accomplissent les formalités requises auprès de l’autorité, notamment les déclarations relatives aux traitements envisagés. Un impératif alors que la centralisation des démarches administratives multiplie les échanges d’informations entre les usagers et les administrations.

Une vue de la salle lors de la rencontre. © GabonReview
La protection de ces données constitue ainsi un enjeu majeur pour la confiance des citoyens dans les services publics dématérialisés. La conformité réglementaire, la maîtrise des accès aux informations et la sécurisation des traitements devront accompagner le déploiement de la plateforme. La consultation de l’APDPVP constitue une étape dans cette démarche, sans préjuger à elle seule de la conformité définitive de l’ensemble des dispositifs.
Deux premiers modules attendus
Sur le plan opérationnel, Gabon Connect doit prochainement accueillir deux modules : la Déclaration unique des salaires (DUS) et TrésorPay. Le premier permettra aux entreprises d’effectuer une déclaration unique partagée entre les impôts, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), en remplacement de trois déclarations distinctes.
Le second doit faciliter le paiement des recettes non fiscales de l’État, des collectivités locales et des administrations. Les usagers pourront notamment effectuer certaines démarches et régler à distance des frais administratifs, comme ceux liés à la délivrance d’un casier judiciaire.
Si Gabon Connect promet de réduire les déplacements, les délais et la complexité des procédures, sa réussite dépendra aussi de la capacité des administrations à protéger les informations confiées par les usagers. La simplification administrative ne peut durablement s’imposer sans garanties solides en matière de confidentialité et de sécurité des données personnelles.
















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