Gabon Economic Forum 2026 : le secteur privé prend les commandes
La Fédération des Entreprises du Gabon (FEG) organise ce samedi 27 juin, à la Cité de la Démocratie de Libreville, la deuxième édition du Gabon Economic Forum. Pour la première fois, le rendez-vous est intégralement porté, organisé et financé par le secteur privé, autour du thème «Des entreprises fortes pour une croissance durable et une prospérité partagée». De 08h00 à 18h00, dirigeants d’entreprises, membres du gouvernement, institutions financières et partenaires au développement sont attendus pour une journée pleine.

Deuxième édition du Gabon Economic Forum, ce samedi à la Cité de la Démocratie. © Montage GabonReview
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Le changement n’est pas que symbolique. En 2025, le forum était piloté par le ministère de l’Économie, la Fédération des Entreprises du Gabon (FEG) n’étant qu’un partenaire aux côtés de l’Université Omar Bongo et de BBS. Cette année, le patronat tient seul la barre, sur deux jours ramenés à un seul, et revendique un rôle de force de proposition. De plateforme de diagnostic adossée aux pouvoirs publics, le GEF se mue en espace d’expression d’un secteur privé qui entend formuler, depuis le terrain, ses propres réponses.
Un forum sous le signe des 18 000 milliards
L’enjeu se lit dans un chiffre. Le Plan national de croissance et de développement (PNCD 2026-2030) attend du privé près de 18 000 des 27 000 milliards de FCFA nécessaires à la transformation de l’économie. Celui qui doit financer les deux tiers de l’effort entend désormais peser sur les conditions de l’investissement.
La FEG ne s’en cache pas. Elle réclame prévisibilité, sécurité juridique, transparence et respect des engagements de l’État, qu’elle pose comme préalables à l’investissement. En contrepartie, elle promet d’investir davantage, de créer de l’emploi et de faire émerger des champions nationaux capables de se déployer sur les marchés africains, à l’heure de la ZLECAF. C’est tout le sens du «pacte de confiance» entre public et privé que le forum ambitionne de sceller.
Deux plénières et huit ateliers
La journée s’articule autour d’une plénière d’ouverture, de huit ateliers thématiques parallèles et d’une plénière de clôture qui adoptera une «Déclaration de Libreville du secteur privé». Chaque atelier doit accoucher de cinq recommandations au maximum, transmises à la séance finale, puis consolidées dans une feuille de route de suivi associant la FEG, les administrations et les partenaires.
Les sujets touchent au cœur de la compétitivité : apurement d’une dette intérieure dont l’encours dépassait 4 340 milliards de FCFA fin 2025 ; sécurité juridique ; commande publique et place des PME ; entrepreneuriat, protection sociale après la réforme des cotisations de janvier 2026 ; infrastructures et habitat, sans oublier la trajectoire de croissance 2027-2028. Les travaux prolongent, du point de vue des entreprises, les huit feuilles de route issues des assises du Haut Conseil pour l’Investissement, tenues début juin.
«Du diagnostic à l’action» : la promesse en jeu
C’est le mot d’ordre revendiqué de cette édition. Il en sera aussi le juge de paix. Plusieurs constats portés ce samedi figuraient déjà, presque à l’identique, dans le rapport de la première édition : signature de l’État à restaurer, caisses sociales fragiles, marchés publics peu favorables aux entreprises locales, inadéquation entre formation et emploi.
Le moment décisif sera donc la clôture. La restitution se contentera-t-elle d’aligner de nouvelles recommandations, ou dotera-t-elle enfin chacune d’un responsable et d’une échéance. Ce que le rapport 2025 avait prévu sans jamais le renseigner ? GabonReview suivra les travaux tout au long de la journée.















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