Une nuit de terreur a frappé le quartier dit Cocotiers, dans le 2e arrondissement de Libreville. Un incendie d’une rare violence a ravagé six habitations dans la soirée du mercredi 29 octobre. Le bilan fait état d’importants dégâts matériels et de plusieurs blessés légers, mais aucune perte en vie humaine.

© GabonReview

 

Plusieurs habitations ont été ravagées par un incendie, mercredi 29 octobre, au quartier dit Cocotier à Libreville. Selon les témoignages recueillis sur place, le sinistre s’est déclaré aux alentours de 20 heures, peu après un retour de courant suivant une coupure d’électricité. Une victime, fils de la propriétaire d’une des maisons, Ello Engoang, raconte : «Après la coupure, il y a eu un court-circuit. J’ai entendu un bruit, et très vite, la fumée a commencé à sortir».

L’architecture précaire du quartier a été un facteur aggravant. Les constructions anarchiques en planches, très rapprochées, ont permis aux flammes de se propager avec une vitesse foudroyante. «Le feu a pris les lattes, et vu que les maisons sont en planches, tout est allé très vite», confie-t-il, en précisant que l’urgence était d’évacuer les occupants des maisons.

Les pertes matérielles sont considérables. Outre les meubles et effets personnels réduits en cendres, une somme de 6 millions de FCFA cachée dans une des chambres a été perdue. Jessica Mezene, ex-propriétaire, sinistrée, contactée alors qu’elle était au travail, témoigne avec désespoir : «C’est terrible. Tout est parti. J’ai trouvé que tout était déjà à terre.» Cette même victime pointe du doigt la Société d’énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), affirmant que le feu a démarré au niveau du compteur après le retour du courant : «Tout ce que je peux dire, c’est que c’est la faute de la SEEG», a-t-elle déclaré. 

L’intervention des sapeurs-pompiers jugée tardive

Une vue des ravages occasionnés par le feu. © GabonReview

L’attente pour l’intervention des secours a été source de frustration et de colère pour les habitants. Les sapeurs-pompiers ne sont arrivés que trois heures plus tard, un délai qui, selon les victimes, était trop long. «Ils sont arrivés trois heures plus tard, on avait déjà terminé de se battre avec le feu», a lancé un riverain. Pendant ce temps, des jeunes du quartier ont héroïquement tenté de maîtriser les flammes et de sauver des biens, se blessant légèrement au passage à cause des pointes et des tôles surchauffées.

La problématique des constructions anarchiques

Cet événement tragique remet en lumière la question urgente des constructions anarchiques dans le 2e arrondissement de Libreville. Les maisons en planches, construites «côte à côte telles des boîtes de sardines», constituent un danger majeur en cas d’incendie, car cela facilite la propagation rapide du feu d’une habitation à l’autre.

Les sinistrés, dont certains avaient récemment acquis des matériaux de construction pour un nouveau logement, suite aux déguerpissements, ont tout perdu. Ils lancent un appel de compassion et de soutien urgent aux autorités et à la population, espérant obtenir l’aide nécessaire pour se reconstruire après ce drame.

Thecia Nyomba (Stagiaire) 

 
GR
 

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