L’esplanade de la mairie de Libreville a accueilli, le 21 juin, la première édition de la Journée Okoua. Une initiative portée par l’Association des Femmes Ekan Cadres de l’Estuaire (Afece) pour rendre hommage aux femmes fangs de l’Estuaire et raviver la mémoire collective autour de leur contribution à l’histoire du Gabon. Placée sous le signe de la transmission et de la valorisation culturelle, cette rencontre a mis à l’honneur ces femmes d’autrefois, dont les parcours, les combats et les savoir-faire ont marqué plusieurs générations.

Cette rencontre a mis à l’honneur ces femmes fangs d’autrefois, dont les parcours, les combats et les savoir-faire ont marqué plusieurs générations. © D.R.

 

La Journée Okoua, organisée, le 21 juin, à l’esplanade de la mairie de Libreville par l’Association des Femmes Ekan Cadres de l’Estuaire (Afece) a été un moment de célébration et de réhabilitation de la mémoire des femmes fangs de l’Estuaire. Placée sous le signe du mot fang «Okoua», signifiant «autrefois» ou «jadis», cette initiative a voulu reconnecter les générations à l’héritage de ces femmes fang de l’Estuaire. «Nous avons choisi ce mot parce qu’il porte la mémoire vive de nos devancières», a expliqué la présidente de l’Afece, Nathalie Mba-Angoue Bekale.

«C’était des femmes battantes et travailleuses, elles faisaient tout en même temps»

Clichés de la journée Okoua. © D.R.

À travers cette célébration, l’Afece entendait également réhabiliter l’image de ces femmes face aux perceptions réductrices qui circulent sur leur rôle dans la société. L’événement a ainsi rappelé que les femmes fangs de l’Estuaire ont été d’importantes actrices dans différents domaines, qu’il s’agisse de l’administration, du commerce, de la religion, de la médecine traditionnelle ou encore de la transmission des savoirs familiaux. «Nous voulons reprendre ces images que nos femmes, nos mamans et nos grands-mères faisaient autrefois. C’était des femmes battantes et travailleuses, elles faisaient tout en même temps», a expliqué Nathalie Mba-Angoue Bekale. Elle a relevé leur capacité à conjuguer activités professionnelles, responsabilités familiales et engagement communautaire.

La Journée Okoua a été marquée par plusieurs temps forts destinés à célébrer cet héritage culturel. Les participants ont assisté à des hommages dédiés aux figures féminines qui ont marqué leur époque, à des jeux de société traditionnels, à des prestations de danses. Toute chose mettant en avant les expressions culturelles fang, ainsi qu’à des projections cinématographiques consacrées aux trajectoires de ces femmes. À travers les images présentées, l’Afece a souhaité faire revivre des histoires souvent méconnues. «Regardez-la avec le cœur, parce que, derrière chaque image, il y a une force que l’on a trop souvent tue», a déclaré la présidente de l’association avant la projection.

Renouer avec l’esprit de courage et de travail incarné par ces femmes

La manifestation s’est également achevée autour d’un moment de partage mettant en valeur la gastronomie fang, avec un buffet consacré aux mets traditionnels. Une manière supplémentaire de transmettre les richesses culturelles aux nouvelles générations et de rappeler les modèles d’engagement laissés par leurs aînées. Parmi les pionnières évoquées figurent notamment des personnalités comme Pauline Okoumba, première femme ministre, des figures religieuses, telles que sœur Maria Pia et sœur Scholastica, ainsi que des femmes engagées dans le commerce ou les services publics. «L’appel pour la génération actuelle, c’est justement de copier ce que nos mères et grands-mères ont fait autrefois», a conclu Nathalie Mba-Angoue Bekale, invitant à renouer avec l’esprit de courage et de travail incarné par ces femmes.

 
GR
 

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