Au Gabon, le Parti Souverainistes-Écologistes (PSE), qui revendique son ancrage dans l’opposition, veut incarner l’alternative. Réuni à Libreville pour son deuxième congrès ordinaire sous le thème «Le Peuple, la Terre, l’Avenir», le parti a présenté les cinq axes de son projet de société. Son président, Francis Hubert Aubame, a dressé un bilan critique de la situation nationale tout en exposant sa vision pour le Gabon.

Le président du PSE, Francis Hubert Aubame (au centre), lors du congrès. © D.R.

 

Issu d’un courant de l’Union nationale (UN) et fondé par d’anciens compagnons d’André Mba Obame, le Parti Souverainistes-Écologistes (PSE) revendique un héritage forgé dans les luttes démocratiques de ces dernières années. Le parti, qui a tenu son deuxième congrès ordinaire le 13 juin, rappelle son engagement aux côtés de Jean Ping lors de l’élection présidentielle de 2016, dont il continue de considérer la victoire comme ayant été « violemment confisquée ». Lr parti reconnaît que les événements du 30 août 2023, ont mis un terme à un régime contesté, mais estime que les attentes suscitées par le changement de pouvoir restent largement insatisfaites. « Le coup de force du 30 août 2023 a été salué pour avoir mis un terme à quatorze années d’imposture », a déclaré Francis Hubert Aubame.

Selon lui, « les militaires voudraient en capter toute la lumière », alors que, dit-il, c’est « le travail de l’opposition » qui a préparé les conditions de cette rupture. Près de trois ans après la transition, le président du PSE juge que « ce n’est pas la transition que les Gabonais espéraient » et estime que « l’ancien système se prolonge sous des couleurs nouvelles ». Il a dénoncé la suspension des réseaux sociaux, la réforme du Code de la nationalité et l’incarcération de figures de l’opposition, affirmant que « quand la justice devient l’auxiliaire du pouvoir politique, ce n’est pas un homme que l’on emprisonne, c’est l’État de droit tout entier que l’on incarcère ».

Un projet en cinq axes

Face à ce constat, le PSE propose une alternative articulée autour de cinq axes. Le premier concerne la refondation de l’État de droit avec une justice indépendante, une séparation effective des pouvoirs, un statut protecteur de l’opposition et une décentralisation progressive. « Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, est l’unique source de légitimité », a rappelé Francis Hubert Aubame. Le deuxième axe fait de l’écologie le moteur du développement à travers la protection des forêts, de la biodiversité et des ressources marines. « La rente écologique doit servir les Gabonais et non être bradée », a-t-il insisté.

Le troisième pilier vise une économie souveraine et productive fondée sur l’autosuffisance alimentaire, la transformation locale des ressources et le soutien aux entrepreneurs. Le quatrième place l’investissement dans l’Homme au cœur de l’action publique, avec des priorités accordées à l’éducation, à la santé et à l’inclusion sociale. Le cinquième axe porte sur les infrastructures, l’énergie et le numérique. Le PSE défend une « souveraineté numérique qui protège les libertés au lieu de les museler ». À travers ce congrès, le PSE entend ainsi dépasser la seule critique du pouvoir pour se positionner comme une force de proposition. « Le Peuple, la Terre, l’Avenir » : un triptyque que le parti souhaite désormais transformer en projet politique pour les prochaines échéances nationales.

Le PSE a également dénoncé l’incarcération de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze et du militant Bob Mengome. Francis Hubert Aubame a réclamé leur libération, estimant que ces affaires relèvent davantage d’une logique politique que judiciaire. Pour le parti, ces détentions soulèvent des interrogations sur l’indépendance de la justice et le respect des libertés publiques dans le Gabon d’après-transition.

 
GR
 

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