«Les démocraties solides n’emprisonnent pas leurs opposants, elles les battent dans les urnes» : le tacle de l’avocat de Bilie-By-Nze
Au lendemain du rejet de ses trois recours par la Cour d’appel de Libreville, l’avocat parisien d’Alain-Claude Bilie-By-Nze a livré, le 11 juin sur Global Africa Télésud, une charge méthodique : procédure «hallucinante», infraction «inexistante», chaîne pénale «aux ordres de l’exécutif». Et l’ouverture, assumée, d’un front diplomatique de grande ampleur.

«Cet homme politique est enfermé pour rien» : la charge de Me Arthur Vercken, avocat de Bilie-By-Nze, sur Global Africa Télésud. ©Capture d’écran YouTube
Le ton est donné dès les premières minutes. Pour Me Arthur Vercken, le rejet des trois recours (liberté provisoire, nullité de l’ordonnance de placement en détention, nullité de la procédure) ne relève pas d’un défaut de motivation. «Cette affaire n’est plus une affaire pénale», affirme-t-il : elle serait devenue «un test de l’état de droit au Gabon», et, au-delà, une «mascarade» destinée à écarter le principal opposant de la scène publique.
Le conseil décrit par ailleurs des conditions de détention qu’il qualifie de «très dures» : des semaines passées, selon lui, dans une cellule sans lumière, une privation prolongée de lecture, des avocats gabonais contraints de solliciter autorisations et horaires dérogatoires pour rencontrer leur client. «Cet homme politique est enfermé pour rien», tranche-t-il.
«Des recours qui tombent dans le vide»
L’avocat déroule une mécanique des délais qu’il juge accablante. Une demande d’interrogatoire restée sans réponse du juge d’instruction dans le délai légal de huit jours ; une transmission à la chambre d’accusation, pareillement laissée en souffrance ; puis, malgré la nullité de droit qu’il estime inscrite à l’article 96 du Code de procédure pénale, un constat qui n’intervient jamais.
«La chambre d’accusation a annoncé des dates de délibéré qu’elle n’a pas respectées, et puis finalement, le 2 juin, elle a dit : ben non, il n’y a pas de nullité», ironise-t-il. D’où sa formule : les recours «tombent dans le vide», non faute d’être fondés, mais parce que l’institution refuserait d’appliquer sa propre loi.
Une infraction «inexistante» et une chaîne «aux ordres»
Sur le fond, Me Vercken conteste l’existence même des faits. En 2008, rappelle-t-il, pour pallier la carence de l’État dans le financement d’une fête culturelle, des membres du comité avancent les fonds : 5 millions de francs CFA pour Mme Ramatou Baba, 3 millions pour M. Bilie-By-Nze. L’État annonce alors qu’il ne remboursera personne. «Elle est où, l’escroquerie ?», interroge l’avocat, qui fait de son client une «victime de la carence de l’État» au même titre que Mme Ramatou Baba, et rappelle qu’une telle infraction serait, de toute façon, prescrite depuis 2011.
La charge devient alors politique. Remontant la chaîne pénale (Direction générale des recherches (DGR), parquet, juge d’instruction), l’avocat la dit tout entière suspendue à l’exécutif, et oppose au porte-parole de la présidence, venu défendre l’indépendance de la justice, un cinglant «Que voulez-vous qu’ils vous disent d’autre ?». Faute d’écho dans le prétoire, la défense a saisi la Commission africaine des droits de l’homme, l’ONU, le Commonwealth et Paris.
La conclusion est frontale. Si le chef de l’État dit considérer Bilie-By-Nze comme «son ami», c’est, selon l’avocat, qu’il en redoute le symbole. «À 94 %, pourquoi craindrait-il la liberté d’un homme ?», lance-t-il, avant sa formule-manifeste : «Les démocraties solides n’emprisonnent pas leurs opposants politiques, elles les battent dans les urnes.»















3 Commentaires
Les opposants démocrates ne traînent aucune casserole dont celle de l’escroquerie en comptant sur le temps pour en atténuer l’effet indéniablement pervers auprès des victimes en faisant prévaloir leur pseudo-statut de démocrate et d’opposant auto consacré.
Les avocats DIGNES soutiennent partout et sur tous les cieux les victimes de la prédation et bille Alain en a usé tout autant que la patrie dont est régulièrement établi son avocat, patrie qui a été coupable d’un forfait d’une inhumanité innommable et dont les effets dévastateurs prospèrent et prospèrent encore plusieurs générations durant pour ne pas dire siècle
Cet avocat n’a rien dit ou fait pour l’éradication du « code noir » dont bien entendu il aura tiré parti des bénéfices directement et/ou indirectement
Les donneurs de leçons sur la pseudo démocratie de l’hexagone et d’ailleurs, vous avez du pain sur la planche pour réparer ce que cette pseudo démocratie à géométrie variable a causé comme dégâts particulièrement au pays dont est originaire bille Alain, pays où ce garçon apprenti toutologue infatué a bel et bien sévi pour servir son ego accompli
Il y’a un temps pour tout
Patriotiquement
Hors sujet ! Se taire est parfois une meilleure forme de sagesse, surtout en public. Les faits sont têtus: une démocratie digne de ce nom ne met pas la justice au solde des politiques, l’excès de zèle dans le traitement du dossier semble bien dissimuler une main noire au dessus. Le temps finira par tout révéler… Nous spéculons.
Tout à fait d’avis @JLB de ce que 17 ans durant dame @Ramatou a essuyé et avalé à son corps défendant l’excès de zèle d’un prétendument « politique » aux faits d’arme bel et bien connus que le temps finit par détricoter. Quelle que soit la langueur de la nuit, le soleil finit toujours par poindre…