Deux mois à peine après avoir été sacrée meilleur journaliste de la presse écrite aux Makongonio 2026, puis aux Awards de la Femme gabonaise, la même année, Rudy Hombenet Anvingui est décédée dans la nuit du 26 au 27 août à Libreville. Journaliste au quotidien L’Union, chroniqueuse notamment sur les questions de santé, elle disparaît au moment où plus de dix années de métier commençaient à lui valoir une reconnaissance publique appuyée. Derrière les distinctions, reste surtout le parcours d’une journaliste qui avait fait des questions sociales, de l’éducation et, plus récemment, de la santé, le terrain privilégié de sa plume.

Rudy Hombenet : 2026 l’avait consacrée, le destin ne lui aura pas laissé le temps d’en écrire la suite. © D.R.

 

Elle venait de connaître l’une des plus belles séquences de sa carrière. Le 28 juin dernier, Rudy Hombenet Anvingui montait sur le podium des Makongonio, les Awards de la presse gabonaise, avec le titre de meilleur journaliste de la presse écrite. Deux mois plus tard, sa plume s’est arrêtée.

La journaliste du quotidien L’Union est décédée dans la nuit du mercredi 26 au jeudi 27 août 2026 à Libreville. La nouvelle, tombée ce jeudi, frappe d’autant plus durement la profession que Rudy Hombenet était encore en pleine activité.

Plus de dix ans à L’Union

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Rudy Ursula Hombenet Anvingui avait rejoint L’Union en 2015, après des études à l’Université Omar-Bongo sanctionnées par un master en communication des administrations et des entreprises. Née à Moanda, elle avait auparavant fait ses premières armes dans différents journaux, notamment satiriques, parfois sous pseudonyme.

Dans un portrait publié en 2021 par Femmes Actives du Gabon, elle livrait elle-même ce qui ressemblait à sa conception du métier :«Ayant une sainte horreur de l’injustice, le journalisme me permet de porter la voix des sans voix.» Elle disait alors s’intéresser particulièrement à l’éducation et à la place des femmes dans les médias.

Cette sensibilité dépassait les colonnes du journal. En 2021, interrogée sur la pénalisation du viol entre époux, elle se réjouissait de l’évolution de la législation tout en attendant de voir son application effective. Elle était alors également présentée comme engagée pour la cause des femmes.

Une plume devenue plus incisive sur la santé

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Ces derniers mois, les lecteurs de L’Union la retrouvaient notamment dans «Espace Santé». Le ton y était souvent direct, interrogatif et critique. Tuberculose, dépression, paludisme, automédication, fonctionnement des hôpitaux : Rudy Hombenet s’emparait de sujets très concrets et les ramenait aux réalités quotidiennes des Gabonais. Le 25 marss par exemple, elle s’inquiétait ainsi des malades de la tuberculose «perdus de vue». Le 1er juillet, elle alertait sur la recrudescence du paludisme et l’affaiblissement de la prévention.

Le 13 août, soit deux semaines avant son décès, elle signait encore une chronique consacrée à la responsabilité des médecins résidents, estimant que ceux-ci pouvaient trop facilement devenir les «coupables idéaux» des dysfonctionnements du système sanitaire.

Cette proximité récente de ses écrits avec les questions de santé donne aujourd’hui une résonance particulière à leur relecture. Elle n’autorise cependant aucun raccourci sur les causes de sa disparition, qui ne sont pas publiquement établies à cette heure.

2026, l’année de la consécration

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Professionnellement, 2026 restera surtout l’année où son travail aura reçu une reconnaissance particulièrement visible.

Aux Makongonio, Rudy Hombenet Anvingui concourait pour le prix du meilleur journaliste de la presse écrite. Lors de la phase de vote public, elle avait recueilli 69 % des suffrages de sa catégorie, très loin devant ses concurrents. Le 28 juin, le verdict final l’avait consacrée meilleur journaliste de presse écrite. La distinction arrivait après plus d’une décennie passée à écrire, enquêter, interviewer et raconter la société gabonaise. Une reconnaissance tardive peut-être, mais éclatante.

C’est ce contraste qui rend sa disparition particulièrement saisissante : Rudy Hombenet Anvingui ne quitte pas la profession au terme d’une carrière achevée. Elle disparaît au moment même où celle-ci semblait prendre une nouvelle dimension.

Une plume venait d’être consacrée. Deux mois plus tard, elle s’est tue.

 
GR
 

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