Reçu le 17 juillet à Libreville par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, le groupe chinois Hui Neng a exprimé son intérêt pour l’exploitation des gisements de potasse de la Banio, dans la province de la Nyanga. Déjà implantée au Laos et en Sierra Leone, cette holding spécialisée dans l’énergie et l’industrie chimique entend évaluer les opportunités offertes par le Gabon, dont les autorités misent sur la transformation locale des ressources minières et la construction d’infrastructures structurantes.

Un moment de la rencontre, le 17 juillet 2026, à Libreville. © Com. VPG

 

La province de la Nyanga confirme son statut de nouveau pôle d’attraction pour les investisseurs étrangers. Vendredi 17 juillet, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a présidé une séance de travail consacrée aux perspectives de développement du secteur minier dans le sud du Gabon. Autour de la table figuraient plusieurs membres du gouvernement ainsi que les dirigeants du groupe chinois Hui Neng, venus présenter leurs ambitions dans l’exploitation de la potasse de la Banio.

Présente dans plusieurs pays, notamment au Laos et en Sierra Leone, la holding asiatique, active dans les domaines de l’énergie, de la chimie thermique et de la potasse, voit dans le Gabon un partenaire stratégique pour son expansion sur le continent africain.

La potasse de la Banio au cœur des discussions

Conduite par son vice-président, Li Yongzhen, la délégation chinoise est venue s’informer sur la vision du gouvernement gabonais et sur les mécanismes d’accompagnement susceptibles d’encadrer un éventuel investissement.

«Nous avons un projet d’investissement au Gabon, et nous sommes venus nous enquérir de la stratégie du gouvernement gabonais, pour connaître les avantages, les mécanismes et l’état de la coopération avec l’État gabonais à travers le projet de potasse situé dans la province de la Nyanga», a expliqué le responsable de Hui Neng.

L’intérêt du groupe pour la potasse de la Banio s’inscrit dans un contexte où Libreville cherche à valoriser davantage ses ressources naturelles en développant localement des chaînes de transformation. Pour les autorités, la diversification de l’économie passe notamment par une exploitation plus intégrée des richesses minières du pays.

Des infrastructures déterminantes pour l’essor minier

Au cours des échanges, les ministres en charge des Transports, des Mines, de l’Industrie, de l’Énergie et de l’Environnement ont présenté les principaux projets structurants engagés par l’État.

Parmi eux figure la construction du futur port en eau profonde de Mayumba, actuellement en discussion avec Abu Dhabi Group. Cette infrastructure est appelée à jouer un rôle central dans l’exportation des ressources de la région, notamment le fer, le marbre et la potasse.

Sur le volet énergétique, le gouvernement a également exposé ses ambitions. Alors que la capacité actuelle est estimée à 16,5 mégawatts, les autorités visent 2 148 mégawatts d’ici à 2030, puis 2 291 mégawatts à l’horizon 2035, afin d’accompagner l’industrialisation du pays.

Hui Neng séduit par la stratégie gabonaise

À l’issue de la rencontre, Li Yongzhen n’a pas caché sa satisfaction face aux orientations présentées par les autorités gabonaises.

«Nous sortons vraiment satisfaits de cette réunion, parce que les membres du gouvernement présents nous ont donné des réponses très claires et concrètes», a-t-il déclaré.

Le responsable chinois a indiqué que les prochaines étapes consisteraient à évaluer les différents chantiers, visiter les sites miniers concernés et approfondir les discussions techniques avec les administrations compétentes.

«Nous allons également échanger, étape par étape, avec tous les départements ministériels concernés», a-t-il ajouté.

La transformation locale comme ligne rouge

En saluant l’intérêt manifesté par Hui Neng, Hermann Immongault a rappelé la volonté des autorités de privilégier des investissements compatibles avec les priorités nationales, notamment la diversification économique, la souveraineté énergétique et la création de valeur ajoutée sur le territoire.

«Tout ce qui se fera sera transformé au Gabon et dans le respect des normes environnementales», a insisté le vice-président du gouvernement.

Une position qui traduit la volonté de l’exécutif de faire des ressources minières un levier de développement industriel durable, tout en renforçant l’attractivité de la Nyanga, appelée à devenir l’un des principaux bassins économiques du pays.

 

 
GR
 

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