Trois jours avant les célébrations du 17 août, le dossier du monument Damas Aléka connaît son dénouement le plus retentissant. L’architecte Erick Mauro Nguémah a été placé sous mandat de dépôt ce vendredi 14 août, au terme d’une longue audition à Libreville. Une issue judiciaire qui tranche avec l’effervescence désormais palpable sur l’esplanade, où le chantier, lui, s’apprête à livrer ses habits de fête.

Erick Mauro Nguémah, derrière les grilles, à trois jours de la probable inauguration du monument qu’il a porté pendant trois ans. (Illustration générée par IA) © GabonReview

 

C’est au tribunal de Libreville que s’est joué, ce vendredi 14 août, le sort d’Erick Mauro Nguémah. Entendu pendant plusieurs heures, l’architecte a vu sa garde à vue déboucher sur une décision de mandat de dépôt, entérinant sa première nuit en détention. L’information, d’abord rapportée par Média Afrique News, a depuis été confirmée à GabonReview par plusieurs bonnes sources judiciaires, dont des avocats et des membres la presse spécialisée dans l’information judiciaire et juridique.

Cette décision intervient trois semaines après l’interpellation de l’architecte, le 27 juillet, et sa conduite à la Direction générale des recherches (DGR), où il avait alors passé plusieurs nuits. Des sources proches du dossier évoquaient alors une garde à vue répondant à un simple besoin d’instruction, laissant entrevoir une issue rapide.

Un chantier qui, lui, avance

Paradoxe de ce dossier : pendant que son architecte traverse une zone de turbulences judiciaires, le chantier de l’esplanade a connu, ces dernières semaines, une accélération notable. L’habillage extérieur de l’édifice a considérablement progressé, au point qu’une inauguration symbolique soit désormais envisagée à l’occasion des célébrations de l’indépendance, le 17 août.

L’Hôtel des Affaires étrangères se trouve pourtant dans une situation similaire : façade achevée, intérieur et équipement encore loin de l’être, et une inauguration prévue le même jour, sans que cela suscite la moindre polémique. D’où une interrogation légitime : pourquoi le monument Damas Aléka, dont l’aspect extérieur est, lui aussi, littéralement terminé, concentre-t-il seul les foudres judiciaires ?

Un dossier sous tension depuis plusieurs semaines

L’affaire du monument Damas Aléka avait déjà connu un rebondissement début juillet, avec la publication d’un mémorandum de l’Ordre gabonais des architectes mettant en cause plusieurs décisions prises depuis la Présidence : budget amputé, délais compressés, modifications imposées en cours de chantier. Ce document, présenté comme de nature à nuancer la responsabilité de l’architecte, avait suscité une réaction du Conseil national de l’Ordre, dénonçant des propos qu’il jugeait calomnieux.

La mise sous mandat de dépôt d’Erick Mauro Nguémah marque désormais une nouvelle étape, judiciaire cette fois, dans un dossier ayant déjà mêlé pression politique, urgence calendaire et zones d’ombre contractuelles.

 
GR
 

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