Musée MAMA porté par Comilog : quand le manganèse finance la mémoire africaine
Il s’appelle MAMA (Museum of Modern and Ancient Arts) et il pourrait bien changer le visage culturel de Libreville. Annoncé pour 2026, ce musée entend valoriser un siècle de création artistique africaine, des masques rituels aux œuvres contemporaines. Derrière le projet : la Fondation Comilog pour l’Art et la Culture. Une initiative qui révèle, autant qu’elle confirme, la stratégie d’influence d’un groupe minier qui a choisi la culture comme nouveau terrain d’engagement.

Le chantier du futur Museum of Modern and Ancient Arts, à la Baie des Rois, nouveau front de mer stratégique de Libreville. Le musée est attendu pour 2026. © GabonReview
Ce n’est pas un hasard si c’est Comilog qui porte ce projet. La Compagnie minière de l’Ogooué et le ministère gabonais de la Culture ont engagé des discussions dès 2024 autour de la création d’un espace muséal dans la Baie des Rois, nouveau quartier stratégique en front de mer à Libreville. Le directeur général Léod-Paul Batolo avait alors précisé sa vision : un espace combinant œuvres contemporaines, patrimoine traditionnel et outils numériques liés aux métiers miniers et géologiques. Cette articulation entre héritage culturel et identité industrielle traduit une ambition double : contribuer à la vie culturelle nationale tout en inscrivant durablement l’image de l’entreprise dans un récit positif, loin des seules logiques extractives.
Une collection d’envergure, une caution internationale

La maquette du MAMA au milieu du panneau de chantier à la Baie des Rois : un musée dédié aux arts africains anciens et contemporains, porté par la Fondation Comilog, attendu pour cette année. © GabonReview
Le MAMA présentera une centaine d’œuvres : masques, statuettes, objets rituels et pièces patrimoniales illustrant les échanges culturels entre différentes sociétés d’Afrique subsaharienne. La collection ne se limite pas au seul patrimoine gabonais, elle embrasse un espace continental, positionnant Libreville comme porte d’entrée d’une réflexion plus large sur les arts africains. Signe de sérieux : la maison d’édition milanaise Skira, référence mondiale dans les arts visuels, prépare un ouvrage dédié à la collection, qui accompagnera officiellement l’ouverture du musée.
La culture, nouveau pilier de la RSE de Comilog
Ce virage culturel s’inscrit dans une trajectoire cohérente. Dans son plan triennal RSE, Comilog a expressément intégré la promotion de la culture et de la cohésion sociale parmi ses priorités, en complément de ses engagements dans l’éducation, la santé et les infrastructures. Le mécénat culturel n’est donc pas une initiative isolée : il prolonge une démarche structurée qui a valu à l’entreprise deux distinctions nationales majeures ces derniers mois.
Au-delà de sa dimension artistique, le MAMA reflète une volonté de repositionner Libreville comme hub culturel régional et de renforcer la visibilité internationale de la scène gabonaise, encore sous-représentée dans les grands circuits mondiaux. C’est précisément là que l’initiative prend une dimension politique : en finançant ce rayonnement, Comilog contribue à l’agenda de souveraineté culturelle que le Gabon s’efforce de construire. La question de la gouvernance de long terme, et de la complémentarité avec le Musée national des Arts, Rites et Traditions, reste, elle, entièrement posée.












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