Pêche durable : Libreville met fin à un partenariat jugé déséquilibré avec l’Union européenne
Arrivé à échéance le 28 juin 2026, l’accord de partenariat de pêche durable entre le Gabon et l’Union européenne ne sera pas renouvelé. Une décision assumée par les autorités gabonaises qui dénoncent un mécanisme profitant essentiellement aux armateurs européens, sans retombées économiques significatives pour le pays. Toutefois, Bruxelles se dit ouverte à une renégociation et espère encore poser les bases d’un partenariat plus équilibré.

Une vue des espèces halieutiques du Gabon. © GabonReview
Le divorce est désormais consommé entre le Gabon et l’Union européenne sur le dossier de la pêche. À l’expiration du protocole de partenariat de pêche durable, ce 28 juin 2026, Libreville a officiellement choisi de ne pas reconduire un accord qu’il estime défavorable à ses intérêts économiques. La décision qui s’inscrit dans la continuité de la position affichée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui avait annoncé dès juin 2025 son intention de dénoncer un partenariat considéré comme «profondément déséquilibré». Pour le gouvernement, le principal reproche tient au fait que les navires européens capturent essentiellement du thon dans les eaux gabonaises avant de débarquer leurs prises hors du territoire national, privant ainsi le pays des retombées liées à la transformation industrielle, à la création d’emplois et au développement de toute une chaîne de valeur.
Une nouvelle doctrine économique
À travers cette décision, Libreville entend désormais imposer une nouvelle vision de l’exploitation de ses ressources halieutiques. Les autorités souhaitent que les captures réalisées dans les eaux gabonaises soient débarquées dans les ports nationaux afin d’y être transformées localement. Une orientation qui répond à la volonté du gouvernement de renforcer la souveraineté économique du pays, de stimuler l’industrie de transformation des produits de la mer et d’accroître les emplois dans ce secteur. Au-delà de la valorisation locale, cette stratégie vise également à améliorer le contrôle des ressources maritimes nationales et à optimiser les revenus tirés de leur exploitation.
Bruxelles garde la porte ouverte
Face à cette rupture, l’Union européenne a adopté un ton conciliant. Dans un communiqué publié le 26 juin, la Délégation de l’Union européenne a pris acte de la fin du protocole tout en saluant une «fin ordonnée» des relations contractuelles. D’ailleurs, Bruxelles affirme rester disposée à examiner «de manière constructive et transparente» les préoccupations exprimées par le Gabon. L’institution européenne souligne également que les deux partenaires ont, au cours des dernières années, orienté l’appui sectoriel vers des projets structurants et se dit prête à négocier un nouvel Accord de partenariat de pêche durable ainsi qu’un nouveau protocole d’application «mutuellement bénéfiques».
Pour rappel, le gouvernement avait annoncé, lors du Conseil des ministres du 4 juin 2025, son intention de dénoncer cet accord, estimant que les recettes générées restaient largement en deçà de la valeur des captures réalisées dans les eaux gabonaises. Les autorités déploraient également l’absence de débarquement et de transformation locale des produits de la pêche, privant ainsi le pays de milliers d’emplois potentiels et d’une véritable valeur ajoutée.
Ainsi, si l’Union européenne privilégie une renégociation afin de préserver ce partenariat historique, les autorités gabonaises semblent déterminées à redéfinir les conditions d’accès à leurs ressources halieutiques.
Thécia Nyomba















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