Projet de loi de finances 2027 : rigueur financière, mais pas au détriment des plus vulnérables
Réunis ce mardi 14 juillet à Libreville pour l’ouverture des conférences budgétaires, les membres du gouvernement et les responsables administratifs ont reçu du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, une feuille de route sans ambiguïté pour l’élaboration du projet de loi de finances (PLF) 2027. Si l’exécutif impose une discipline budgétaire accrue afin de restaurer les équilibres macroéconomiques, il entend préserver, coûte que coûte, les mécanismes de solidarité destinés aux populations les plus vulnérables.

Pour l’élaboration du PLF 2027, Hermann Immongault impose l’orthodoxie budgétaire tout en protégeant les plus vulnérables. © Com. VPG
Le ton est donné. En ouvrant, mardi, les conférences budgétaires consacrées à la préparation du projet de loi de finances 2027, Hermann Immongault a rappelé que la consolidation des finances publiques ne saurait se faire au détriment des acquis sociaux. Face aux membres du gouvernement et aux responsables de plusieurs administrations, le vice-président du gouvernement a insisté sur la nécessité de concilier rigueur budgétaire et justice sociale, conformément aux orientations fixées par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.
« Le budget de l’État ne saurait être appréhendé comme une simple juxtaposition de besoins sectoriels », a-t-il déclaré, appelant les départements ministériels à inscrire leurs propositions dans une logique de responsabilité collective.
Les filets sociaux érigés en priorité
Alors que l’exécutif entend poursuivre la restructuration des comptes publics, la note d’orientation transmise aux administrations fait de la préservation des filets sociaux un principe intangible de la programmation budgétaire 2027-2029.
Dans la droite ligne des engagements pris par le chef de l’État lors de son discours sur l’état de la Nation du 15 juin dernier, le gouvernement entend sanctuariser les crédits destinés aux allocations d’urgence, à l’accès à l’eau potable et à l’électricité ainsi qu’aux politiques de justice sociale.
Les ministères sont ainsi invités à orienter leurs propositions budgétaires vers des actions concrètes en faveur de l’employabilité des jeunes et du soutien aux ménages vulnérables. Pour Hermann Immongault, les impératifs d’assainissement financier ne doivent en aucun cas fragiliser les populations les plus exposées.
Une discipline budgétaire renforcée
Cette priorité sociale s’accompagne toutefois d’une exigence accrue en matière de gestion publique. Afin d’éviter tout dérapage budgétaire, le vice-président du gouvernement a rappelé que chaque demande de crédit devra désormais être justifiée de manière exhaustive dès la phase initiale des arbitrages.
« Les demandes devront être justifiées au premier franc CFA et classées en “Première nécessité”, “Encours” et “Mesures nouvelles” », a-t-il précisé.
Cette démarche marque une rupture avec les pratiques consistant à reconduire automatiquement certaines dotations sans évaluation préalable de leur pertinence ou de leur impact.
Dans le même esprit, les investissements publics seront soumis à un encadrement plus strict. Aucun projet d’envergure ne pourra être inscrit dans le budget 2027 sans études de faisabilité ni maturité technique avérée.
Mettre fin aux circuits financiers parallèles
Le gouvernement entend également renforcer la mobilisation des ressources publiques en s’attaquant aux mécanismes de gestion extrabudgétaire. Hermann Immongault a ainsi exigé un recensement exhaustif des recettes fiscales et non fiscales générées par les agences et établissements publics placés sous la tutelle de l’État.
« Toutes ces ressources devront être présentées pour leur montant brut, sans contraction ni utilisation extrabudgétaire », a-t-il averti.
À travers cette mesure, l’exécutif souhaite réintégrer l’ensemble des recettes publiques dans le circuit du Trésor afin de garantir une utilisation plus transparente des deniers de l’État et de financer les priorités sociales.
Le vice-président du gouvernement a enfin prévenu qu’aucune dérogation ne serait tolérée. « Tout dossier incomplet, non justifié ou ne comportant pas les livrables prescrits sera retourné au département concerné avant examen », a-t-il conclu.
Les conférences budgétaires, qui se poursuivront jusqu’à la semaine prochaine, devront permettre de traduire dans le futur projet de loi de finances l’ambition gouvernementale d’allier orthodoxie financière et protection des couches les plus fragiles de la population.















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