Secteur de la santé : vers la mise en place d’une carte spéciale pour des soins gratuits aux agents
Réunie à Libreville ce jeudi 28 mai 2026, la commission tripartite associant les ministères de la Santé, de la Fonction publique et de l’Économie a rendu son rapport final après quatre jours de travail consacrés aux préoccupations des personnels du secteur santé. Parmi les principales recommandations formulées figure la mise en place d’une carte spéciale de santé destinée aux agents de santé afin de leur permettre de bénéficier gratuitement des soins médicaux.

Les membres du gouvernement présent à la cérémonie de remise du rapport de la commission tripartite, le 28 mai 2026. © GabonReview
La cérémonie de remise du rapport élaboré par la commission tripartite entre le ministre de la Santé, de la Fonction publique et de l’Économie s’est tenue ce jeudi 28 mai 2026 à Libreville. À cette occasion plusieurs recommandations ont été annoncées, parmi lesquelles la mise en place d’un carnet de santé pour les agents de la santé afin que ces derniers aient des soins gratuits.
En outre, cette mesure, présentée comme un mécanisme de protection sociale en faveur des personnels de santé, s’inscrit dans une volonté plus large d’amélioration des conditions de vie et de travail des agents du secteur. La commission recommande également une meilleure prise en compte de la protection des personnels de santé dans le cadre du statut particulier de la fonction publique sanitaire.
Dans ce sens, les autorités ont salué des échanges jugés francs et constructifs autour des nombreuses difficultés administratives et sociales rencontrées par les agents publics de santé.
«Ces assises traduisent la volonté constante des plus hautes autorités de la République de promouvoir un dialogue social responsable, constructif et durable au service de la stabilité sociale et de l’amélioration du système de santé de notre pays», a déclaré la ministre de la Santé, Pr Elsa Joséphine Ayo Nkana Epse Bivigou. Durant les travaux, les participants ont examiné plusieurs dossiers liés aux intégrations, aux titularisations, aux avancements automatiques, aux reclassements après stage, aux rappels de solde, aux mises en solde ainsi qu’aux régularisations administratives et financières. La situation des agents de la main-d’œuvre non permanente, des bénévoles, des agents en attente de postes budgétaires ainsi que celle du collectif des chômeurs du secteur a également été étudiée.
Les discussions ont par ailleurs porté sur l’actualisation du statut particulier des fonctionnaires de santé, la révision des textes relatifs à la prime de servitude et aux risques sanitaires, ainsi que l’intégration de nouveaux corps de métiers dans le secteur. Pour les autorités gouvernementales, les conclusions issues de cette commission constituent «une avancée significative» vers des solutions concrètes aux revendications du personnel de santé.
Les recommandations seront mises sur la table du chef de l’État

Des moments de la cérémonie. © GabonReview
«Le gouvernement prend bonne note des recommandations formulées et veillera, conformément aux orientations du chef de l’État et dans le respect des équilibres budgétaires, à leur examen attentif ainsi qu’à leur mise en œuvre progressive», a assuré la ministre de la Santé, annonçant également la mise en place prochaine d’un comité chargé du suivi et de l’évaluation des résolutions adoptées.
De son côté, la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, Laurence Ndong, a insisté sur la nécessité d’accélérer les réformes administratives tout en préservant les équilibres de l’État. «L’État a le devoir d’offrir à ses agents un cadre administratif, juridique et social plus juste, plus moderne et plus protecteur», a-t-elle affirmé, saluant notamment les réflexions engagées autour de la prime de servitude, des risques sanitaires et de l’intégration des nouveaux métiers de la santé.
Au-delà des annonces administratives, la future carte spéciale de santé apparaît comme l’une des mesures les plus attendues par les agents du secteur. Si elle venait à être effectivement mise en œuvre, elle pourrait constituer un tournant important dans la prise en charge sociale des personnels de santé, souvent confrontés eux-mêmes aux difficultés d’accès aux soins.
Thécia Nyomba












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