Souveraineté alimentaire : retraite stratégique au ministère de l’Agriculture pour «accélérer les résultats»
Réuni les 11 et 12 juillet 2026 à Libreville autour du ministre Pacôme Kossy, le top management du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural (MAEDR) tient une retraite stratégique censée préparer «la phase d’accélération des réformes». Au menu : validation des grandes orientations du Plan de transformation des systèmes agroalimentaires (PTSA) 2026-2030, adoption d’un Pacte de performance et engagements mesurables pour chaque responsable.

Pacôme Kossy, ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural, ici lors d’une visite des installations d’Olam Palm Gabon, a présidé les 11 et 12 juillet la retraite stratégique CAP 2030 de son département. © D.R.
Dans le sillage des orientations du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, le MAEDR a choisi de marquer une pause réflexive. Deux jours durant, cabinet ministériel, secrétaires généraux, inspecteurs généraux, directeurs généraux, directeurs provinciaux et responsables des établissements sous tutelle ont planché sur la gouvernance du secteur, la modernisation des productions végétales et animales, le financement, les investissements et les réformes institutionnelles.
L’exercice intervient, selon le communiqué du ministère en fin de semaine écoulée, «à une étape déterminante de l’action gouvernementale», après un bilan des cent premiers jours présenté comme concluant.
Un bilan des cent jours mis en avant
Au chapitre des acquis revendiqués figurent l’opérationnalisation du Plan d’urgence pour la filière avicole (POUFA), la mobilisation d’investissements privés qualifiés d’«importants», l’accompagnement des producteurs nationaux et l’élaboration du PTSA 2026-2030. Autant de jalons que la retraite de Libreville doit désormais transformer en trajectoire, le document-cadre devant y voir ses grandes orientations validées.
Les travaux devraient également déboucher sur des instruments de redevabilité interne : un Pacte de performance du management du MAEDR, des engagements mesurables pour chaque responsable et un tableau de bord destiné à «assurer un suivi rigoureux des résultats». Une grammaire managériale dans l’air du temps, qui reste à traduire en indicateurs vérifiables par le contribuable.
Des ambitions à confronter aux moyens
Car c’est bien là que le bât pourrait blesser. La souveraineté alimentaire, régulièrement érigée en priorité nationale, se heurte à une équation budgétaire têtue : le pays consacre toujours plusieurs centaines de milliards de francs CFA par an aux importations alimentaires, quand les crédits alloués au secteur agricole demeurent, eux, structurellement modestes, comme l’ont montré les arbitrages du dernier collectif budgétaire.
Le PTSA 2026-2030 dira, à l’épreuve de son financement, si la retraite de juillet aura été un tournant ou un séminaire de plus. En attendant, le MAEDR affirme vouloir bâtir une administration «orientée vers la performance, la redevabilité et les résultats», afin de faire de l’agriculture un levier de création de richesses et d’emplois durables. Rendez-vous est pris pour les prochains cent jours.















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